La "nouvelle" politique étrangère US peut-elle casser des briques ?*

* Les moines du temple de Shaolin s’entraînent aux arts martiaux en cassant des briques avec la main ou la tête.

L’épidémie du Covid-19 constitue un révélateur des tares du capitalisme mondialisé et pour une opinion publique nord-américaine divisée, en proie au désarroi à cause de la crise systémique du capitalisme, il faut trouver des ennemis. Avec « la nouvelle guerre froide » visant la Chine, c’est chose faite. On assiste à sa diabolisation en manipulant ignorance, irrationalité et fanatisme. Cette campagne s’appuie sur des moyens médiatiques considérables et une mobilisation allant de l’extrême gauche à l’extrême droite.

Fin janvier 2021, l’influent think tank « Atlantic Council »[1] publiait un document sur les orientations que devraient suivre les États-Unis à l’égard de la Chine pour les trente prochaines années. Son auteur a voulu rester anonyme mais lui a donné le nom de The Longer Telegram, [2]en référence au Long Telegram du diplomate américain George Kennan qui avait produit à Moscou en 1946 une note sur les relations soviéto-américaines. The Longer Telegram propose aussi une « nouvelle guerre froide » concentrée sur l’économie, le militaire, la politique et l’idéologie. L’Atlantic Council influence l’orientation de la nouvelle équipe en place à Washington, tous des fidèles d’Obama.

Comme l’a remarqué l’un d’entre eux, Jake Sullivan, « Il faut s’interroger pourquoi beaucoup trop de gens pensent que la méthode pour résoudre le problème de la pandémie de Covid-19 est autrement plus efficace en Chine que les préconisations libérales aux États-Unis (…) Il faut remettre de l’ordre dans la maison » et coordonner politique intérieure et politique étrangère car « La politique étrangère, c’est de la politique intérieure et la politique intérieure, c’est de la politique étrangère ». La nouvelle administration Biden/Harris considère Chine et Russie comme des outsiders influençant directement la politique intérieure américaine.

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Solidarité avec les travailleurs en lutte : FEDEX, cheminots, livreurs...

Bierset : Licenciement de 671 travailleurs !

Sous le nom initial de Federal Express la société FEDEX est créée en 1971 par Frederick W. Smith. Les premières livraisons aériennes démarrent le 27 avril 1973 à partir de l'Aéroport international de Memphis où la compagnie implante son siège et sa première plate-forme de correspondance ou « hub ». A partir de cette date FEDEX va progressivement prendre le contrôle de 29 sociétés concurrentes. Son fleuron sera le rachat du groupe néerlandais de messagerie TNT Express dont elle détiendra 88,4 % du capital dès le 18 mai 2016 au terme d’une OPA lancée en avril 2015. Ses onze hubs les plus importants sont Memphis (le deuxième plus grand aéroport fret du monde), Indianapolis, Anchorage, Newark, Fort Worth, Canton en Chine, Roissy en France, Cologne en Allemagne et Liège en Belgique.

La société FEDEX affiche un chiffre d’affaire de 65 milliards de dollars, elle possède une flotte de 674 avions et un parc automobile de 150.000 véhicules qui assurent le transport de 14.579 milliards de tonnes-kilomètre (c’est-à-dire le transport d'une tonne sur un kilomètre).

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La "solution" Gramsci : Tuer Assange à petit feu

La joie, l'enthousiasme furent très partagés lorsque le 4 janvier dernier, la juge britannique Vanessa Baraitser communiquait la décision du tribunal londonien de ne pas extrader Julian Assange aux Etats Unis. La magistrate se payait une touche compassionnelle; elle disait craindre pour la santé physique et mentale de l'inculpé en cas d'extradition, évoquant même des risques suicidaires.

Manœuvre particulièrement habile et diabolique de l'administration de la justice de la (plus que jamais !) perfide Albion ; plus exactement, de ses mentors à la Maison blanche et au 10 Downing Street. Il fallait en effet « refuser », provisoirement, l'extradition pour – le cas échéant – pouvoir mieux l'organiser en temps opportun, tout en évitant le coût politique d'une mesure franchement impopulaire comme celle d'envoyer un lanceur d'alerte dans les griffes du Pentagone. Et nous disons « le cas échéant » parce que l'extradition en soi n'est pas, n'a jamais été l'objectif prioritaire des adversaires d'Assange ; l'objectif était et reste de le faire taire pour toujours, dead or alive.

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