Les champions autoproclamés de la démocratie soutiennent la tentative de coup d'état au Venezuela

Ce 24 janvier, comme prévu, le président de l'assemblée destituée s'est autoproclamé "Président du Venezuela". Les USA et une poignée d'état clients se sont bien sûr empressés de reconnaître l'auto-président. A leur suite Macron déclare que "l'Europe soutient la restauration de la démocratie" au Venezuela, et le président du Conseil européen non-élu, Donald Tusk espère "que toute l'Europe va être unie en soutien des forces démocratiques au Venezuela".

Le président vénézuélien Maduro a été élu démocratiquement, incontestablement, dans un système électoral décrit par l'ancien président US Jimmy Carter lui-même comme étant «le meilleur du monde». Il est exact que les "opposants", considérant qu'il leur était impossible gagner démocratiquement, ont boycotté l'élection, en espérant une autre 'révolution de couleur' qui les mettrait au pouvoir. Il est exact également que les 'sanctions' que les USA suivi par l'Europe infligent au peuple vénézuélien "pour qu'il vote bien" et l'effondrement des cours du pétrole exposent ce pays à une lourde crise économique

Il n'en est pas moins indiscutable que Nicolas Maduro est le président élu démocratiquement du Venezuela.

Mais Emmanuel Macron, président élu par défaut "pour faire barrage au fascisme", voit dans l'auto-proclamation de Juan Guaido une "restauration de la démocratie". Les Gilets Jaunes doivent bien méditer cela. L'ironie de la situation lui échappe apparemment lorsqu'il salue "le courage des centaines de milliers de Vénézuéliens qui marchent pour leur liberté".

"Forces démocratiques" dans la bouche du président non-élu du Conseil européen, et dans celle des nombreux locuteurs de la novlangue, c'est les forces qui veulent renverser le président démocratiquement élu...

L'Europe, et notre pays, parlent "d'impasse politique" – mais il n'y a d'impasse que parce que les USA et les Occidentaux derrière soutiennent un putsch ; elle exige de nouvelles élections - jusqu'à ce que le peuple exténué par les sanctions finisse par voter comme il leur convient ?

Communiqué du PCB sur le coup d’état en cours au Venezuela

Ultimatum européen

La France, l'Allemagne et l'Espagne ont déclaré ce samedi 26 que si le président vénézuélien Nicolas Maduro n'annonçait pas sous huit jours de nouvelles élections au Venezuela, ils reconnaîtraient l'opposant Juan Guaido comme "président par intérim".

C'est évidemment grotesque : aucun pays souverain ne se plierait à une aussi grossière injonction, et les états l'ayant proférée en sont bien sûr parfaitement conscients.

Ce que révèle cet ultimatum c'est donc que ces Européens, tellement soucieux de la démocratie, n'osent pas appuyer directement une aussi flagrante usurpation de pouvoir : ils ont juste besoin d'un prétexte quelconque pour pouvoir le faire en toute bonne conscience....

Cet ultimatum honteux ne fait que révéler crûment toute leur tartufferie.

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