La Belgique, "acteur pour la paix" au Conseil de Sécurité de l'ONU...

Notre pays a soutenu, ce 28 février, le projet de résolution étatsunienne sur le Venezuela, exigeant une élection présidentielle « libre, juste et crédible » - c'est à dire plus concrètement, dont le résultat serait conforme à la volonté US. Comme soulignait le représentant russe, « Si cette résolution était adoptée, ce serait le premier cas dans l'Histoire où le Conseil de sécurité destituerait un Président et en nommerait un autre dans un pays souverain ». Il semble assez évident qu'aucun pays souverain ne pourrait accepter un tel dictat, et que son imposition aurait naturellement impliqué la contrainte armée - la guerre tellement désirée par certains, sous couvert d'une résolution des Nations-Unies à la sauce libyenne.

Comme disait Didier Reynders dans son communiqué du 1er janvier saluant le retour de la Belgique au sein du Conseil de Sécurité, "notre pays ... s’efforcera de valoriser son rôle traditionnel de conciliateur mis en avant dans la devise « Bâtir le consensus, agir pour la paix »". En soutenant une résolution conduisant à la guerre ?

Plus tard, le représentant belge a rejeté, avec, coïncidence, son homologue états-uniens, le projet de résolution russe qui spécifiait « la nécessité d’un plein respect des principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance dans la fourniture d’une aide internationale ». Une telle résolution condamnerait effectivement les spectacles pseudo-humanitaires des 10 camions US rempli de matériels divers, dissimulant mal les putschistes.

Ces deux votes donnent, sans grande surprise, une indication sur ce que sera le rôle du membre non-permanent belge pour les 2 années à venir : donner, sur les grands enjeux, une voix de plus aux États-Unis.

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