1914 : le début d'une Guerre de Trente ans ?

Analyse de Claude Renard, ancien vice-président du Parti communiste belge et ancien président de son aile wallonne et francophone, consacrée à la Première guerre mondiale, ou plutôt aux liens profonds qui unissent les deux conflits mondiaux du XXème siècle. Rappelons que, après avoir été conseiller communal de Tournai, sénateur provincial du Hainaut, membre du Conseil régional wallon et journaliste au Drapeau rouge, Claude Renard demeure, à près de 90 ans, un historien brillant, s'étant particulièrement intéressé aux luttes sociales et bouleversements politiques.

Un jour, le général de Gaulle se fit remarquer un peu plus que d'habitude en parlant de la Guerre de Trente ans. C'est qu'il ne s'agissait pas, en l'occurrence, de la guerre qui ravagea l'Europe de 1618 à 1648 (avec de fortes motivations religieuses) ; il s'agissait d'une période couvrant non seulement les deux conflits qui se mondialisèrent de 1914 à 1918 et de 1939 à 1945, mais aussi les années qu'on appelle l'entre-deux-guerres ("années folles" incluses).

Il est vrai que bon nombre des principaux acteurs de la Seconde guerre mondiale avaient déjà, dès la Première, revêtu leur tenue de combat plus ou moins galonnée. Blessé en 1916, le jeune capitaine de Gaulle avait connu les camps de prisonniers en Allemagne. Pétain, le maréchal qu'il allait défier en 1940, était alors un glorieux général, vainqueur de Verdun et, comme Albert I, dit-on, économe du sang de ses soldats. En revanche, Winston Churchill, déjà premier Lord de l'Amirauté, s'était attiré des ennuis pour avoir échoué dans la célèbre bataille des Dardanelles (1915). Exclu de Parti socialiste, Mussolini appelait l'Italie à entrer en guerre contre l'Autriche et eut gain de cause, en mai 1915, malgré l'opposition du Parlement ! Avec Lénine, Trotski et quelques autres, le futur maréchal Staline préparait la révolution dans une Russie militairement malmenée. Quant au caporal Adolf Hitler, aveuglé passagèrement par les gaz en octobre 1918, il allait terminer la guerre dans un hôpital.

Modernisation et mondialisation

Ce dernier détail est significatif. La première grande guerre du XXe siècle avait commencé comme les guerres du siècle précédent. Les soldats français portaient des pantalons rouges et, côté envahisseurs, des casques à pointe se remarquaient encore. Mais il ne fallut pas attendre longtemps pour que tout change, et pas seulement les uniformes. Les tanks, inventés par les Anglais, renvoyèrent dans les limbes de l'Histoire les escadrons de cavalerie qui s'étaient encore affrontés lors des premiers mois du conflit et l'on a vu que le gaz asphyxiant, invention allemande, avait fait son apparition. Sur mer et dans les airs, la même modernisation se produisit.

Les dimensions mondiales de la guerre attirèrent très vite l'attention des historiens. Parmi eux, Pierre Miquel fait remarquer que cette appellation est fondée, "d'abord et en partie parce qu'elle a justifié la prédiction de Lénine, elle a bien engendré la révolution - dans un seul pays, il est vrai" (1). Ensuite, "parce qu'elle a fait franchir l'océan à près de deux millions d'Américains, ce qui, pour les adeptes de la doctrine Monroe(2), constituait une première" (nous y reviendrons). En ce qui concerne les vues de Lénine, on consultera utilement ses écrits sur la question, notamment dans "Le socialisme et la guerre" (juillet-août 1915) : "Ce n'est pas l'affaire des socialistes d'aider un brigand plus jeune et plus vigoureux (l'Allemagne) à piller les brigands plus vieux et plus repus. Les socialistes doivent profiter de la guerre pour les renverser tous"(3) (souligné par l'auteur).

Avec le recul, il semble évident que l'entre-deux-guerres ne fut qu'une pause et une pause très relative du fait des suites calamiteuses du Traité de Versailles (juin 1919) et de ses prolongements diplomatiques. L'historien Marc Ferro écrit à ce sujet : "J'étais parti pour étudier la Grande guerre ; en route, j'ai rencontré le fascisme, vu poindre les formes du totalitarisme, se dissocier le sentiment patriotique. Bien avant Versailles surgissent en filigrane les causes de la Seconde guerre mondiale, même de la guerre froide"(4).

Plusieurs évènements permettent d'en juger et ils sont facilement résumables. Marc Ferro va "rencontrer le fascism " en 1919. C'est, en effet, à ce moment que Mussolini crée en Italie les fondements du premier parti se réclamant du fascisme et qui va se hisser au pouvoir en 1922 avec la bénédiction des monarchistes et des banquiers. Hitler, qui a retrouvé la vue, s'inspirera de cet exemple pour jeter les bases du parti nazi (parti ouvrier national-socialiste). Propulsé par les répercussions du Traité de Versailles et, un peu plus tard, du krach de Wall Street (1929), soutenu, lui aussi, par le grand capital, il accédera au pouvoir dès 1933. On connait la suite : en 1936, la Wehrmacht occupe la Rhénanie qui avait été démilitarisée par le Traité de Versailles ; en 1937, annexion de l'Autriche ; en 1938-39, double agression contre la Tchécoslovaquie ; en 1939, le dictateur lance ses troupes contre la Pologne et cette attaque marque le début de la Seconde guerre mondiale.

L'entre-deux-guerres, c'est aussi l'annexion de la Mandchourie par le Japon (1931) qui s'attaque ensuite à la Chine (1937) et va conclure plusieurs pactes avec l'Allemagne et l'Italie, dont le pacte anti-Komintern (1936,1937) ; c'est aussi l'invasion de l'Abyssinie (actuelle Ethiopie, 1935) et de l'Albanie (1939) par l'Italie (la Grèce va suivre) ; c'est aussi la guerre que Franco déclenche contre la République espagnole (1936-1939) avec l'appui militaire de l'Allemagne et de l'Italie, les démocraties européennes se réfugiant dans la non-intervention pour des raisons dont l'anticommunisme radical de Franco n'est pas la moins déterminante aux yeux de maints politiciens.

La Belgique dans la tourmente

Pour que les choses soient claires, encore faut-il ajouter à ce qui précède deux faits d'une importance politique majeure. Les évènements déjà évoqués ne furent pas les seuls à inciter Hitler à mettre un sanglant point final à une paix qui n'était déjà plus qu'une pause illusoire. Le retour de la Wehrmacht en Rhénanie ressemblait fort à une réplique à l'occupation de la Ruhr par les troupes franco-belges en 1923-1925, initiative visant à obliger le gouvernement de Weimar à ouvrir ses coffres pour payer les réparations (au total 20 milliards de marks-or, sur une période minimale de 30 ans), alors que ces coffres étaient pratiquement vides. Mais l'action de la Wehrmacht, en 1936, ne se limitait pas à une revanche ; son but principal était de vérifier la réaction des ennemis d'hier et de demain. Or, il n'y eut aucune réaction. Ne l'oublions pas : en 1936, Hitler agitait avec ardeur le drapeau du national-socialisme face à celui de l'ennemi bolchevique qui, malgré l'éphémère pacte franco-soviétique de 1935, était toujours perçu, à Paris comme à Londres, sous les traits caricaturaux de "l'homme au couteau entre les dents".

Autre fait politique encore plus lourd de conséquences : les accords de Munich (1939) qui, toujours sur fond d'antisoviétisme, sacrifièrent la Tchécoslovaquie aux prétentions hitlériennes, ce qui fit dire à Churchill, s'adressant à Chamberlain : "Vous allez par le pire des chemins vers la pire des guerres."

La pire des guerres, une guerre dont la menace hypothéquait l'avenir depuis longtemps déjà. Avec une lucidité extraordinaire, Engels (mort en 1895) avait tiré de l'évolution du capitalisme la conclusion qu'une nouvelle guerre revêtirait une ampleur et une violence sans précédent et que bien des couronnes, à cette occasion, rouleraient dans les fossés. En 1907 et en 1912, des congrès de l'Internationale socialiste avaient clairement dénoncé la menace d'une guerre impérialiste. En 1913, Vandervelde avait déclaré que, dans l'hypothèse d'un conflit armé entre l'Allemagne et la Russie, les Russes devraient "sauter à la gorge du tsarisme". Ce qu'ils firent en 1917, non seulement contre le tsarisme, mais aussi contre la guerre impérialiste.

Malheureusement, l'Internationale socialiste s'était disloquée et Vandervelde avait changé d'avis parce que l'Allemagne, en 1914, s'était attaquée à la Belgique. Question indéniablement complexe. Certes, en possession d'une colonie africaine, la Belgique était entrée, avec Léopold II, dans le jeu dangereux des rivalités impérialistes, mais, pays neutre, il est incontestable que l'agression allemande avait fait d'elle un cas particulier, comme Lénine lui-même le reconnut. Reste que le jeu dangereux des rivalités impérialistes ne tarda pas à la conditionner.

Albert I ne s'y méprit pas. Comme j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire, le refus du roi de suivre ses ministres à Sainte-Adresse, près du Havre, et sa décision de rester en territoire belge derrière l'Yser, s'expliquent par sa volonté d'imposer au Premier ministre de Broqueville, plus que réticent, la reconnaissance des prérogatives que le monarque s'attribuait en tant que commandant en chef de l'armée(5). Depuis l'ouverture des archives allemandes (1961), on sait que notre "Roi-chevalier" s'autorisa des négociations secrètes avec les Allemands, de novembre 1915 à février 1916. Ces tractations eurent lieu à Zurich entre le professeur Maxweiler et le comte Hans Toerring, respectivement ami et beau-frère du roi. Objectif : une paix séparée qui se traduirait par le retrait des troupes allemandes et la reconnaissance par Berlin de la neutralité belge, en échange de quoi Bruxelles laisserait aux Allemands le contrôle de chemins de fer conduisant en France et s'accommoderait de leur présence à Maubeuge, Condé et Givet. La Belgique, selon Maxweiler, aurait même pu aller jusqu'à renoncer à sa neutralité et accepter d'éventuelles pertes de territoires pour autant qu'on lui cédât quelques coins de terre autour de Lille-Roubaix-Tourcoing et au nord de Charleville. Mais ces pourparlers échouèrent, les exigences de Guillaume Il allant si loin qu'elles mettaient en cause la souveraineté de l'Etat belge à laquelle Albert  tenait beaucoup.

Il faut dire que l'attitude d'Albert I s'expliquait, au moins en partie, par la méfiance qu'il nourrissait à l'égard de ses deux grands partenaires, qu'il refusait de tenir pour de vrais alliés jusqu'à ce qu'apparut la probabilité d'une victoire finale. Méfiance non dépourvue de motifs sérieux quand on sait - et Albert le sut - que Londres et Paris avaient envisagé la possibilité d'offrir le Congo belge à l'Allemagne au cas où un compromis s'avérerait possible entre les grands belligérants.

Avant de mourir accidentellement en 1934, le "Roi-soldat" n'avait pu manquer de transmettre à son fils Léopold les enseignements de sa riche expérience, ce qui fait mieux comprendre le comportement de celui-ci dans les dernières années de l'entre-deux-guerres, dans ce qu'on appela la "drôle de guerre" et après la capitulation de 1940. En fait, tout indique que Léopold III agit alors comme il crut que son père aurait agi, à cette différence près, qui lui échappa totalement, que si la Seconde guerre mondiale était bien la suite logique de la première, l'Europe et le monde n'étaient plus ce qu'ils avaient été avant Hitler, avant la montée des fascismes précédée de peu par la chute de l'empire tsariste(6).

 De Versailles à Dantzig en passant par Munich...

La Première guerre mondiale fut à la fois l'aboutissement et le point de départ d'une extrême radicalisation des rivalités entre les impérialismes. On put s'en rendre compte très vite, même en Belgique. Les questions territoriales abordées secrètement lors de entretiens Maxweilker-Toerring refirent surface publiquement, avec quelques retouches. Il s'agissait cette fois d'annexer le Grand-duché de Luxembourg et le Limbourg hollandais en plus de la Zélande. Sans être toutes assimilables à des exigences gouvernementales exprimées à Versailles ou en d'autres conférences, ces revendications saugrenues firent l'objet de véritables campagnes de propagande engageant des personnalités politiques en vue, et pas seulement de droite. En fin de compte, il fallut se contenter de ce qu'on appela longtemps les cantons de l'Est (aujourd'hui la Communauté germanophone) et, en Afrique, d'un mandat sur le Ruanda-Urundi (aujourd'hui Rwanda et Burundi). Quant au Grand-duché du Luxembourg, comme il intéressait aussi la France qui avait les faveurs des Luxembourgeois, on régla la question en créant une Union économique belgo-luxembourgeoise. Pour le reste, Jacques-Henri Pirenne relève que la Belgique n'obtint pas les réparations "qu'elle se croyait en droit d'attendre du traité de Versailles", n'ayant d'ailleurs participé au débat "que dans le cadre des séances plénières appelées à ratifier les décisions des grandes puissances"(7).

Mais ceci peut paraitre anecdotique par rapport au redécoupage des frontières européennes et coloniales qui s'opéra dans un climat de nationalisme exacerbé. Ce redécoupage dû en partie à l'effondrement de vieux empires, semblait avoir été conçu expressément pour fournir de bons prétextes aux futurs revanchards. A titre d'exemple, on citera la question des Sudètes née de l'effondrement de l'empire austro-hongrois, qui donna l'occasion à Hitler, en 1938, de sortir vainqueur des tractations de Munich. Et faut-il rappeler que le prétexte dont se servit le IIIe Reich pour envahir la Pologne en 1939 fut le fameux "corridor de Dantzig" qui avait séparé la Prusse orientale du reste de l'Allemagne ? Il est certain que l'impérialisme allemand avait conservé assez de ressources et d'appétit pour essayer de prendre sa revanche et que là est la raison pour laquelle il appuya l'aventure nazie. Celle-ci fut largement facilitée par le sentiment d'humiliation d'une forte majorité de la population allemande et par sa conviction que le pays avait été trahi par les politiciens et non pas vaincu militairement. On ne doit pas oublier que l'armée allemande fut encore capable, au printemps 1918, de lancer sur le front français une offensive qui manqua la victoire de peu. La défaite allemande ne devint évidente qu'en juillet.

Côté italien, le fascisme mussolinien se fit de plus en plus belliqueux parce que la participation de l'Italie à la guerre ne l'avait pas élevée au niveau des grandes puissances malgré ses ambitions (notamment les dépouilles de l'empire ottoman).

En Extrême-Orient, l'impérialisme japonais, allié provisoire de l'Entente, allait devenir, lui aussi, de plus en plus agressif et pas seulement vis-à-vis de la Chine. Quant aux impérialismes repus, ils eurent tendance à s'inquiéter davantage des dégâts matériels de la guerre (qui n'existaient pas en Allemagne !), de l'échec de leur intervention militaire contre la révolution russe (1919-1922) et de la formation de partis communistes que du retour en force de leur ancien ennemi, ne fût-ce que parce que ce dernier s'était fait le champion de l'anticommunisme. C'est qu'une nouvelle Internationale s'était créée en 1919 sous le signe de la faucille et du marteau.

Même si, à gauche, l'espoir d'un élargissement rapide de la révolution anti-impérialiste avait été déçu(8), il est certain que la fondation de l'U.R.S.S. fut perçue avec raison comme un réel danger pour le capitalisme, et cela se vérifia dans la mesure où, malgré les aberrations du stalinisme, l'U.R.S.S. devint, pendant quelques décennies, un solide point d'appui pour les mouvements ouvriers des pays capitalistes et pour les luttes anticolonialistes. Ce qui explique, comme on l'a vu, les catastrophiques accords de Munich de 1938, lesquels n'eurent pas seulement pour résultat le démantèlement de la Tchécoslovaquie, car ils amenèrent les Soviétiques à renoncer à la sécurité collective qu'ils avaient préconisée jusque-là avec insistance, convaincus - à tort - qu'un pacte de non-agression avec le IIIe Reich leur permettrait de laisser les puissances impérialistes se déchirer entre elles(9).

D'un impérialisme à l'autre

L'année de la chute du tsarisme avait été marquée par des troubles graves sur différents fronts, notamment sur le front français, avec ses "fusillés pour l'exemple"(10). Il existe une évidente corrélation entre ces faits nouveaux et la dénonciation élaborée de "L'impérialisme, stade suprême du capitalisme" à laquelle Lénine venait de se livrer (janvier-juin 1916). Cela étant, il faut toutefois admettre que les caractéristiques de l'impérialisme, telles qu'elles se manifestaient dans les agissements des grandes puissances européennes, ne se dessinaient pas tout à fait de la même manière dans l'action des Etats-Unis qui rejoignirent l'Entente en avril 1917. Cette intervention compenserait (très partiellement), pour les alliés, les conséquences de l'arrêt prochain des hostilités sur le front de l'Est qu'allait consacrer le traité de Brest-Litovsk (mars 1918), mais tel ne fut pas son but. Pour l'essentiel, les Etats-Unis ne renoncèrent alors à leur isolationnisme qu'en raison des répercussions négatives sur leur économie de l'activité des sous-marins allemands dans l'Atlantique et de l'émotion provoquée par la révélation d'une (très maladroite) démarche allemande qui incitait le Mexique à reconquérir, avec l'aide de l'Allemagne, des territoires perdus en 1848(11). Cet abandon de la doctrine Monroe devait d'ailleurs être passager.

Comme Marx l'avait fait remarquer en son temps, le capitalisme américain s'était développé dans des conditions très particulières. En 1917 encore, c'était un pays aussi immense que moderne qui n'avait pas d'ennemis capables de le menacer à ses frontières, qui n'avait aucun besoin de posséder un empire colonial (en dehors des Philippines et d'Hawaï qui devint le 50e Etat U.S. en 1959) et dont l'hégémonie à l'échelle continentale n'était l'objet d'aucune concurrence. L'interventionnisme du président Wilson, qui fut à l'origine de la fondation de la Société des Nations (S.D.N.) en 1920, ne parvint pourtant pas à en finir avec la doctrine Monroe. Les U.S.A. ne siégèrent pas à la S.D.N. alors que sa création leur était due et, qui plus est, alors qu'ils furent les seuls vrais vainqueurs de la Première guerre mondiale sur le plan économique et financier. L'isolationnisme ayant repris le dessus après la guerre, il fallut l'énorme choc de l'attaque japonaise sur Pearl Harbour (décembre 1941) pour que l'impérialisme américain que nous connaissons aujourd'hui franchisse l'obstacle d'une vieille tradition pour s'imposer au monde. Mais la participation des Etats-Unis à la Première guerre mondiale n'en fut pas moins l'évènement très important qu'évoque l'historien Pierre Miquel et ce n'est pas sans bonnes raisons - on l'a vu - que l'historien Marc Ferro a observé, "bien avant Versailles", les signes avant-coureurs de ce qui allait suivre...


Notes

1. Pierre Miquel, " La Grande Guerre ", Editions Fayard, 1986.
2. Doctrine proscrivant toute intervention américaine en Europe et vice versa. Elle est mieux connue sous l'appellation d'isolationnisme.
3. Lénine, " Œuvres ", tome 21. Paris-Moscou 1960.
4. Marc Ferro, " La Grande Guerre 1914-1918 ", Avant-propos, Folio Histoire, 1990.
5.  " Cahiers marxistes ", n° 176. 1990.
6. Léopold III voulait que l'on comparât son refus de quitter Bruxelles pour Londres au refus de son père de quitter La Panne pour Le Havre. En fait, sa décision et la visite qu'il rendit peu après à Hitler indiquent qu'il était prêt à s'accommoder d'une victoire nazie.
7. Jacques Henri Pirenne, " Histoire de la Belgique contemporaine ",  La Renaissance du Livre, 1974.
8. En 1919, la Hongrie s'engagea à son tour dans une révolution qui fonda la " République des Conseils ", mais celle-ci fut écrasée par les troupes de l'amiral Horthy, futur allié de l'axe Rome-Berlin. En Allemagne, une insurrection dite " spartakiste " (décembre 1918 - avril 1919) échoua également. Les deux leaders révolutionnaires, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, furent assassinés en janvier, à Berlin.
9. Un pacte de non-agression et non une alliance comme l'affirment encore aujourd'hui certains commentateurs. Rappelons par ailleurs que la portion du territoire polonais annexée par l'URSS en 1939 avait été ravie à celle-ci au lendemain de la Première guerre mondiale en violation d'un accord international attribuant ce territoire aux Soviétiques, à l'est de la " Ligne Curzon " (nom du secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères).
10.   Fait significatif : en France, les noms de ces victimes ont rejoint récemment ceux de leurs camarades sur de nombreux monuments aux morts.
11.   Texas, Arizona, Nouveau Mexique. Voir à ce sujet Marc Ferro, o.c., p.203 ; voir aussi Barbara Tuchman,  " Le secret de la grande guerre ", Fayard, 1965.

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