La banalisation du pire

Le Vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur du nouveau gouvernement a eu des propos qui ont le mérite de la sincérité. En s'exprimant, dans une réunion des nostalgiques du IIIème Reich allemand, Monsieur Jan Jambon a déclaré: «..les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons. Moi, je ne vivais pas à cette époque-là».

Monsieur Jambon n'a pas tort. En effet, les «les gens qui ont collaboré avec les Allemands avaient leurs raisons», mais leurs raisons étaient immondes. Aussi immondes sont les raisons des propos du ministre qui «ne vivait pas à cette époque là», mais qui par ses paroles ne fait que confirmer une politique de banalisation du fascisme qui tend à se généraliser « à cette époque-ci ». En fait, ce monsieur n'est que l'épiphénomène de ce qui arrive depuis quelques années aux pays baltes, en Hongrie et aujourd'hui même en Ukraine où l'Union européenne, de manière officielle et active, soutient un gouvernement qui intègre des fascistes notoires.

En effet, les «raisons» des collabos des années de la Deuxième guerre mondiale n'ont pas tellement changé par rapport à celles de leurs nostalgiques d'aujourd'hui. Si alors c'était l'urgence d'en finir avec la jeune expérience soviétique, aujourd'hui elle vise à trouver une sortie à la crise du système capitaliste en la faisant supporter par le dos des travailleurs. Dans les deux cas, le tropisme néo-fasciste ne fait que servir les intérêts du grand capital. C'est pourquoi les odieuses déclarations de Jan Jambon n'ont rien de banales.

C'est ainsi que nous pouvons dire que nous sommes en face du gouvernement le plus réactionnaire qu'ait connu notre pays depuis très longtemps. Ce gouvernement cherche à imposer, entre autres, la pension à 67 ans et la chasse systématique aux chômeurs, établissant des systèmes de travail forcé sous peine de perte d'allocations. Avec le saut d'index pour 2015, il prépare la disparition pure et simple de cet instrument historique de justice sociale qui permettait d'adapter les salaires à l'évolution réelle du coût de la vie. Ce n'est donc pas par hasard que la hausse prévue de la TVA et la baisse des cotisations patronales seront accompagnées de la fin des barèmes et des négociations collectives des salaires. Et comme si ce cadre lugubre n'était pas assez rempli, le gouvernement s'apprête à dépenser environ 6 milliards d'euros pour moderniser l'aviation de guerre afin de mieux servir les plans de guerre de l'OTAN. Le temps est venu d'organiser la résistance, d'organiser les luttes, de songer à préparer la grève générale.

Mots-clés: Belgique, Jambon

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