2016 l'année de tous les dangers

Le président turc Recep Erdogan est cohérent avec lui-même lorsqu'il présente le régime hitlérien comme un système présidentiel de gouvernement efficace. Il est cohérent avec lui-même le gouvernement saoudien lorsqu'il décapite le cheikh Nimr al Nimr figure de la communauté chiite du pays et opposant de longue date à la dictature salafiste de ce pays. Elle est honteusement cohérente avec elle-même cette Union européenne qui, lorsque la Russie ou le Venezuela lancent des procédures en justice contre des opposants, émet de violentes condamnations mais qui, quand le régime du dictateur turc massacre lâchement des populations kurdes non armées, reste silencieuse ou presque. Par contre, 3 milliards d'euros venant des contribuables européens partiront vers ce régime corrompu soi-disant pour réguler les flux migratoires que ce pays organise, dans une bonne mesure, lui-même pour ensuite récupérer la mise. Quant au régime saoudien, un des organisateurs avec Erdogan de l'aventure jihadiste en Syrie, il continue à bénéficier de la complaisance d'un Occident décidemment sélectif dans ses préoccupations «humanitaires».

Voilà donc comment commence cette année 2016, après une année 2015 marquée par une dangereuse tendance à la confrontation et aux guerres. Option, ne l'oublions jamais, que le système capitaliste a toujours tenu en réserve pour résoudre ses crises; et celle qu'elle vit aujourd'hui est particulièrement grave et sans issue visible. Elle retombe aussi chez nous où il n'est pas excessif de dire qu'avec l'arrivée au pouvoir de la coalition NVA-MR, notre pays connaît probablement la période la plus régressive dans le domaine social et des libertés publiques de l'après-guerre. Attaques frontales et tentatives de liquidation des acquis les plus chers obtenus de longue lutte par les travailleurs, comme l'index salarial, comme le droit de grève, comme le droit aux prestations sociales, comme la préservation du secteur public. Sur le plan des libertés citoyennes, nous constatons la mise en œuvre de manière chaque fois plus déterminée d'une politique de militarisation des espaces publics, de graves restrictions des libertés individuelles, de judiciarisations des activités citoyennes pourtant garanties par la Constitution et la déclaration des Droits de l'Homme. Bref, ce gouvernement ne fait qu'insérer notre pays dans la logique des politiques réactionnaires que la mondialisation cherche à imposer à la planète entière. Raison suffisante pour rester, plus que jamais, alertes et disposés à toutes les batailles.

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