Droits de l'homme et hypocrisie occidentale

 

Après une difficile progression, l'armée syrienne soutenue par l'aviation russe réussissait, fin janvier, à reprendre la ville d'Aarran, bastion stratégique de Daesh, située à 10 kilomètres d'Al-Bab, dans la province d'Alep. Cette prise permettait aux forces syriennes de se rapprocher de Raqa, ville qui fait fonction de capitale du mouvement terroriste. Cette prise constituait, de toute évidence, un cauchemar pour le patron de la mouvance djihadiste, le dit calife Abou Bakr al-Baghdadi, mais apparemment pas seulement pour lui. En effet, le lendemain, Laurent Fabius pour la France et John Kerry pour les États-Unis élevaient la voix à l'unisson pour protester contre les opérations militaires russes et syriennes visant à récupérer Alep des mains de l'État Islamique et ce, soi-disant, pour des raisons humanitaires. En même temps, l'OTAN décidait de renforcer les « mesures adéquates pour assurer la sécurité de la Turquie » dont les intentions d'intervenir militairement dans le conflit, cette fois ouvertement, ne font plus mystère. En attendant, l’artillerie d'Erdogan lançait une vaste opération de bombardement contre les forces et les populations kurdes sans que les apôtres du droit-de-l'hommisme n’en soient le moins du monde émus.

Difficile de trouver des cas plus indécents d'absence de sincérité dans le comportement politique. En réalité, ce ne sont pas des « soucis humanitaires » qui expliquent les réactions colériques de ces pays, mais le fait que le gouvernement du Président Assad avec l'aide russe soit en train de vaincre la barbarie islamique tout en préservant l'unité du pays. Parce que le vrai objectif de la coalition occidentale et d'Israël est de faire de la Syrie ce qu'ils ont fait en Yougoslavie, il y a une quinzaine d'années : démanteler un État coupable de ne pas être totalement soumis aux diktats des grandes puissances néocoloniales, assurer l'encerclement de la Russie et l'empêcher d'avoir accès à la Méditerranée en la privant de la seule base navale dont elle dispose dans cette partie du monde. La grande coalition impérialiste ne peut supporter les résistances et elle a bien compris que la Russie d'aujourd'hui n'est pas celle d’Eltsine, situation qui peut la conduire à une dangereuse option aventuriste et qui souligne l'urgence de lutter pour la paix et contre les fauteurs de guerre. Et chez nous, pour commencer, contre les somptueuses dépenses militaires comme celle prévue pour l'achat d'avions de chasse américains dont la facture s'élèvera à 15 milliards d’euros, comme vient de l’annoncer le ministère de la Défense. C’est pour s’opposer à cette ruineuse aberration que le Parti communiste s’associe d’ores et déjà aux milliers de manifestants qui défileront dans les rues de Bruxelles ce 24 avril.

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