Erdogan et le visage honteux de l'Europe

ERDOGAN ET LE VISAGE HONTEUX DE L'EUROPE

La Commission européenne devait présenter son rapport annuel sur l'élargissement concernant la Turquie en août. Ce rapport était très attendu puisque dans son rapport précédent, la Commission parlait de "graves inquiétudes concernant la séparation des pouvoirs" et constatait "une approche restrictive de la liberté d'expression" dans ce pays. Entretemps, et n'importe quel observateur moyennement averti peut en témoigner, les faits qui provoquaient les "graves inquiétudes" à la Commission n'ont fait que s'aggraver de manière spectaculaire à fur et à mesure que la date des élections du 1er novembre approchait.

Pourtant, la Commission décida, soudainement, de retarder sa publication et ce, en apparence, sans la moindre raison. En apparence seulement parce que pour la CE, si souvent donneuse de leçons sur les droits de l'homme et les libertés publiques aux pays qui ne sont pas asses soumis aux diktats de la mondialisation financière, il était urgent d'assurer la victoire de Monsieur Erdogan aux élections. C'est donc pour assurer cette victoire que la CE a sciemment retardé la publication du rapport afin de ne pas poser problème à son allié/candidat même si elle devait le faire en se pinçant le nez consciente qu'elle est de la nature du personnage.
Parce qu'elle a besoin de lui pour négocier une sortie de crise au problème de réfugiés qu'elle a elle-même créé en déstabilisant, avec la complicité du régime turc, la Syrie et son gouvernement légitime; régime qui, par après, organise l'exode de ces réfugiés pour mieux les instrumentaliser et monnayer ses services. Elle a besoin de cet autocrate dont la mégalomanie extrême le pousse à pratiquer les méthodes les plus radicales de la criminalité politique pour garder son pouvoir. Méthodes parfaitement connues de l’UE mais qui n’empêchent pas la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini de se féliciter du triomphe d'Erdogan et déclarer que "Les élections en Turquie ont réaffirmé l'engagement fort du peuple turc pour les processus démocratiques".
Ainsi, ces élections auront non seulement vu le triomphe de la stratégie de la peur et du crime du néo-sultan ottoman, qui avait besoin de terroriser son peuple au prix de centaines de morts pour se présenter en garant de la stabilité de son pays ; elles ont vu aussi la triste victoire de l'obscène indécence des politiques européennes.

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