Le cas ESB à Seraing ou comment programmer la mort de l'industrie

Vous avez certainement vu à la TV les images des violences ouvrières à l'usine ESB (Engineering Steel Belgium) de Seraing. Des gens ont été choqués par les images et se sont demandé comment de tels faits étaient possibles? Mais une fois la TV éteinte, la réflexion revient. Nous ne sommes pas retombés d'un coup à l'époque du « machinisme » du XIXe siècle où les travailleurs en révolte brûlaient les châteaux et saccageaient les entreprises, se faisant fusiller par la gendarmerie, comme à Roux (Charleroi) en 1886. Non, les ouvriers en colère n'ont pas touché l'outil (leur outil) mais les bureaux de la direction. Ils ne sont pas fous et espèrent encore la survie de leur entreprise. Les médias affamés de scoops sanglants nous ont aussi passé en boucle l’histoire de ce malheureux ouvrier qui a voulu se suicider. Il y a 10 ans qu'il travaillait à ESB. Pour comprendre ce qui a amené à cette révolte et presqu’à la mort d’un homme, nous allons brièvement parcourir l'histoire de cette entreprise.

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Vous avez dit privilèges?

 

En ces temps de lynchage syndical, on l’a entendu cent fois : les syndicats ne défendraient plus que les privilèges de certaines classes de travailleurs. Sur RTL, en décembre 2015 : « La colère des Belges envers les grévistes de la SNCB est légitime : Ils disposent de privilèges d’un temps révolu… comme les nobles en 1789!»
Avec les « prises d’otages » et « l’archaïsme », cela fait partie de la panoplie antisyndicale du parfait petit commentateur qui veut souffler dans le sens du vent.

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Souvenir de luttes

 

À la FN d’Herstal, les « femmes-machines » ont porté haut l'étendard de l'égalité

Il y a 50 ans les femmes de l'usine Fabrique Nationale à Herstal démarraient une grève qui allait durer du 16 février 1966 au 5 mai. Cette grève est devenue le symbole de la lutte des femmes. Elle s’étendra à d’autres entreprises et suscitera un vaste mouvement de solidarité à travers l’Europe. Théoriquement, le « traité de Rome » prévoyait en 1957 un alignement des salaires dans les 5 ans et en Belgique, des négociations avaient eu lieu en 62 et en 65. Mais les patrons freinaient au maximum et la mise place s’avérait très difficile. Si l’écart avait été réduit, non seulement il subsistait, mais en plus, les femmes restaient (et restent) souvent cantonnées dans des catégories de métiers sous valorisées.

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Migrations et syndicalisme

Des centaines de milliers de migrants affluent dans les pays européens et suscitent un sentiment de solidarité envers ces personnes qui souvent fuient la guerre et la désolation, mais aussi des sentiments de crainte, notamment quant aux questions de travail, de chômage et de sécurité sociale. Ces migrants ne vont-ils pas vider les caisses de notre sécurité sociale ? Ne vont-ils pas nous faire concurrence et nous prendre notre travail déjà si rare ?
On peut comprendre ces inquiétudes, d’autant plus que le message venant d’Allemagne est bien celui-là : si le gouvernement de ce pays ouvre grand ses portes, c’est parce qu’à cause de son déclin démographique, il craint la diminution prochaine des travailleurs disponibles et par conséquent la hausse des salaires. On sait bien combien le chômage est « l’armée de réserve » du capitalisme, un réservoir de main-d’œuvre d’autant plus corvéable et soumis qu’il sera précarisé. Plus il y aura de chômeurs affamés, prêts à tout pour retrouver du travail, plus cela permettra de maintenir à un bas niveau les conditions d’emploi.

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Les titres-services: Les pleurs de la servante thrace

Thalès observait les astres et, comme il avait les yeux au ciel, il tomba dans un puits. Une servante de Thrace, fine et spirituelle, le railla, dit-on, en disant qu'il s'évertuait à savoir ce qui se passait dans le ciel, et qu'il ne prenait pas garde à ce qui était devant lui et à ses pieds. Cette histoire est racontée par Platon en 364 avant Jésus-Christ. En 2014, les servantes ne sont plus les esclaves de la Grèce antique. Les servantes d'aujourd'hui travaillent en titres-services. Les maîtres ne sont plus les philosophes, les savants, les grands propriétaires terriens de l'Antiquité. Les maîtres d'aujourd'hui, ce sont des gens comme vous et moi. Mais comme les maîtres de l'Antiquité, nous préférons regarder ailleurs. Retour au réel donc.

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