Israël-Palestine : politique coloniale et résistance

Depuis 2006, Gaza a subi cinq expéditions punitives et le blocus l’étrangle. La situation dans les territoires occupés reste marquée du sceau de l’humiliation, des contrôles, des vexations ordinaires et de la colonisation qui se poursuit à un rythme accéléré. Quant aux Palestino-israéliens, malgré une amélioration de leur situation matérielle, ils demeurent traités comme des citoyens de seconde zone. Tous ces facteurs sont à l’origine de l’actuelle révolte.

Ce qui se passe en Palestine présente de nombreuses caractéristiques d’une tragédie grecque. Une tragédie dont le déroulement est prévisible depuis des décennies, mais sur laquelle les médias officiels occidentaux s’aveuglent – et aveuglent ainsi l’opinion publique. Le 21 mai, après onze jours d’affrontements, qui ont fait 230 morts du côté palestinien et 12 du côté israélien, le régime de Tel-Aviv et le Hamas ont conclu un cessez-le-feu. Cependant, tout observateur lucide soulignera qu’aucun problème de fond n’est résolu, que ce soit à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et à Gaza. Et ces problèmes sont dus à la politique d’Israël, sous sa dimension d’occupation militaire comme sous celle de la colonisation.

L’acte le plus récent de la tragédie

Comme le souligne l’écrivain et militant palestinien Mahmoud Muna, la Vieille Ville de Jérusalem est jalonnée de rues étroites et de maisons surpeuplées. D’autant plus qu'aucun nouveau permis de bâtir ou de rénover est accordé à des résidents palestiniens par le pouvoir occupant. C’est ce qui amène de nombreuses familles, et en particulier de nombreux jeunes, à se retrouver à la vaste Porte de Damas, qui est devenue un important lieu de vie sociale et culturelle. La place à proximité de la Porte est en forme d’amphithéâtre et héberge de nombreuses activités culturelles.

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SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE PALESTINIEN

Rien ne semble arrêter les appétits malsains du régime de Netanyahou pour spolier ce qui reste de terres à la population palestinienne. Spoliation qui remonte à très longtemps, lorsqu'à la création de l'Etat d'Israël en mai 1948 David Ben Gourion s'arrangea pour qu'il naisse sans préciser ses frontières. C'est ainsi que des 14 000 km prévus par la Résolution 181 de l'Assemblée Générale des Nations Unies ce pays en contrôle aujourd'hui environ 28 000 et ce, en attendant d'annexer encore ce qui reste à annexer de la Cisjordanie. Violant encore, grossièrement, le contenu et la nature même de ladite résolution, le gouvernement de Netanyahou fit voter en juillet 2018 par la Knesset, le parlement israélien, une loi proclamant Israël comme "État-nation du peuple juif", avec l'hébreu comme seule langue officielle et Jérusalem unifiée comme capitale. Difficile alors, sauf à violer tout respect pour la sémantique, de ne pas qualifier cet état d'état raciste pratiquant l'apartheid comme fondement de sa philosophie politique.

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Retour probable de la gauche en Équateur

Entretien avec Romain Migus *

Les résultats de la course à la présidence ont placé le candidat de la droite Guillermo Lasso au second tour avec 19,74% des voix en lisse avec le candidat de la gauche Andrés Arauz qui s'impose avec 32,72%. Malgré les attaques dont le parti de Rafael Correa a été victime ces dernières années, Arauz apparaît comme le favori. Son leadership s’est construit avec l’identité politique de la révolution citoyenne, en rupture avec le cycle de démantèlement mis en place par Lenin Moreno

Arauz a promis de verser une prime de 1.000 dollars à un million de familles pauvres, afin de relancer l'économie familiale en pleine pandémie et crise économique. Il a annoncé qu’il ignorera l'accord conclu par le gouvernement de Moreno avec le FMI . Il propose un audit de la dette publique, une réforme fiscale pour que "ceux qui ont plus, paient plus" et le rapatriement des capitaux à l'étranger. Suite au retrait de l'Équateur de l’alliance progressiste des pays d’ALBA-TCP et du démantèlement du siège de l'UNASUR, par décision de Moreno, il vise à reprendre les alliances, ainsi que l'intégration régionale. La campagne d'Arauz s’est avérée payante, car basée sur des positions clairement ancrées à gauche.

Nous interrogeons le journaliste Romain Migus, fraichement revenu de Quito :

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Colombie : entre l’horreur de la répression et l’espoir du changement

Depuis le 28 avril dernier, la Colombie vit au rythme du « Paro Nacional[1] » qui a vu une mobilisation populaire sans précédent dans les villes et villages du pays, à laquelle se sont succédés blocages de routes et barricades dans de nombreux quartiers populaires, notamment à Cali épicentre de la contestation.

Si la population a répondu à l’appel du « Comité du Paro » - regroupant les principaux syndicats colombiens - contre un projet de réforme fiscale antisociale faisant porter sur les épaules des plus pauvres les conséquences d’une gestion catastrophique de la pandémie et les cadeaux aux plus riches d’une réforme fiscale en 2019, c’est aujourd’hui la jeunesse du pays qui est dans les rues. Cette jeunesse a ainsi obtenu par sa mobilisation le retrait de la réforme ainsi que le gel d’un projet de réforme de santé, mais exige à présent une réforme de la police et des enquêtes sur les assassinats survenus dès le début de la mobilisation. Elle exige également des perspectives d’étude et de travail pour les nouvelles générations.

De manière plus profonde, les villes, villages et quartier qui se sont déclarées anti-uribiste (du nom de l’ancien président Alvaro Uribe, mentor de l’actuel, Ivan Duque), témoignent d’une véritable volonté de changement de la société. Uribe représente en effet le secteur politique le plus puissant des dernières 20 années et symbolise pour ses détracteurs la dérive narco-paramilitaire de l’état colombien. Représentant des grands propriétaires terriens et opposé à l’accord de Paix avec les FARC-EP, Uribe restait jusqu’il y a peu le politicien le plus populaire du pays.

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Un pari jugé impossible et cependant gagné

En 1959, année de la victoire de la Révolution, la situation sanitaire de l’île était plus que préoccupante. Le dictateur Batista ne s’était guère préoccupé de la santé de la population qui devait recourir aux consultations privées payantes, chères pour les pauvres. A Cuba comme ailleurs en Amérique Latine les campagnes étaient des déserts médicaux. Les choses se sont aggravées les années suivantes car une bonne partie des médecins “libéraux” qui constatèrent que désormais leur métier ne pourrait plus les enrichir choisirent d’émigrer en Floride.

La santé nationalisée, elle devint gratuite et des facultés de médecines surgirent dans plusieurs provinces. Et déjà dans les années ‘60 Cuba envoyait des médecins dans les pays amis, entre autres en Algérie indépendante depuis peu. En quelques années Cuba devint le pays où le ratio médecin/habitant était le plus élevé, avec 8,3 médecins pour 1000 habitants (3,07 pour la Belgique ; 2,61 pour les USA ; 1,56 pour le pays voisin, la République Dominicaine ; 0,07 pour le Sénégal). Le ration 8,3 médecins pour 1000 habitants, c’est plus que nécessaire pour un gouvernement qui a choisi de mettre l’accent sur la médecine préventive. Cuba a lancé des programmes de coopération tous azimut couvrant une centaine de pays, gratuitement pour les pays les plus pauvres.

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Luttes paysannes en Inde

La république d’Inde, née en 1947, est une fédération d'États possédant chacun leur propre gouvernement, le gouvernement central étant situé dans la capitale, Delhi. Dès l’indépendance vis à vis du Gouvernement britannique, le premier objectif poursuivi par le parti du Congrès, vainqueur des premières élections, fut de mettre en place une politique de discrimination positive combattant les inégalités inhérentes à l’ancien système de castes, (renforcé lors des recensements organisés par la Compagnie britannique des Indes Orientales).

Au début de l’Indépendance, la combinaison du demi-servage et de grandes propriétés avec structures agricoles traditionnelles ne permettaient pas d’assurer à tous la sécurité alimentaire. L’Inde a alors eu recours à une aide alimentaire américaine.Indira Gandhi décida de s’en dégager, dans les années 60, en opérant dans son pays une« révolution verte » afin de répondre aux besoins d’une population en pleine croissance démographique et d’assurer au pays son indépendance alimentaire.

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