Groupe Yorum, Turquie : « Aucune pression ne fera taire l’art du peuple »

Le Drapeau Rouge vous a déjà plusieurs fois informés à propos de militants turcs, de citoyens turcs en proie à la répression d'Erdogan. Des enseignants (Nuryie et Semih par exemple), des fonctionnaires de justice, des journalistes, des écrivains, des artistes…

La cible du régime aujourd'hui, c'est le groupe musical Yorum. Ce groupe créé en 1985 en réaction au coup d’état militaire de 1980 est devenu un emblème de la lutte pour les droits et la liberté. Leur musique mélange différents styles, du traditionnel au rock. Dans leurs chants, ils évoquent aussi bien la guérilla kurde que les problèmes écologiques, l’impérialisme américain et l’exploitation de la classe ouvrière.

Leur succès est très grand. Ils organisent des concerts internationaux et en Turquie. A Istanbul, en 2014, ils en ont donné un devant un million de spectateurs. Face à un tel succès, le gouvernement a cherché à les interdire mais en 2015, Yorum a encore pu en organiser 5 dans des villes différentes, dont Istanbul et Ankara, rassemblant au total environ 700.000 personnes.

C’en était trop pour le régime et durant les deux dernières années, la répression contre le groupe s’est encore accrue. Actuellement 11 des 18 membres du groupe sont incarcérés. Quant à ceux encore libres, ils se retrouvent sur la liste « des personnes les plus recherchées », tête mise à prix et promesse de récompense pour tout aide à leur capture (une situation proche de celle de notre compatriote, le journaliste d'origine turc Bahar Kimyongür). Le gouvernement les accuse d’avoir des liens avec le DHKP-C, liens que le groupe réfute même s’ils ont apporté leur soutien à des actions de ce parti.

Le 14 juillet dernier, deux membres du groupe, Inan Altin et Selma Altin avaient fixé rendez-vous à des journalistes au Père-Lachaise à Paris pour faire connaître leur situation actuelle. Lorsqu’ils ont quitté la Turquie en février 2018, ils y vivaient dans la clandestinité. Ils avaient le projet de réaliser un film et c’est ce travail cinématographique qui les a poussés à fixer le rendez-vous près de la tombe du grand cinéaste turc Ylmaz Güney (Yol, la permission ; Le mur). Ils voulaient ainsi mettre l’accent sur leurs affinités et souligner les similitudes de leurs parcours d’exil.

Le 14 juillet, Inan et Selma ont demandé l’asile politique en France. Pour eux, il est impossible « d’effacer des esprits l’art qui est produit par le peuple ». Ils restent attachés à leurs amis en Turquie et aux amis avec lesquels ils ont fondé le group Yorum Europe. Un moyen de les soutenir simple et agréable, écouter leurs chansons, leurs concerts. Il suffit, pour ce faire de chercher "concerts Yorum" sur internet.

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