D'Alep à Goutha : La désinformation à nouveau en marche

Encore une fois, la presque totalité du système médiatique tergiverse autour de la situation militaire et humanitaire que connait la Goutha, enclave rebelle située à l’est de Damas.

Nous disons "presque" parce que (cas très rare dans les grands médias) le quotidien Le Figaro publie dans son édition du 22 février un article signé par Georges Malbrunot, reconnu depuis longtemps comme un des meilleurs connaisseurs du conflit syrien. Il y présente une série de faits et de données que vous ne trouverez pas ailleurs (sauf dans des publications marginales comme la nôtre). Il dit notamment que les dits "rebelles" n'occupent aujourd'hui qu'une centaine de km² (contre 15 000 km² qu'ils tenaient il y 5 ans..); il dissipe également l'idée suggérée par les médias dominants selon lesquels la population (environ 400 000 habitants actuellement contre 2 millions avant la guerre) soutiendrait les islamistes. Ce n’est en réalité qu'une poignée, certes très puissamment armée, qui bloque la situation. Malbrunot cite un responsable des Nations Unies qui déclare que .." sous la pression notamment du Qatar, les 150 rebelles ont préféré continuer le combat" que d’aller aux négociations. Il fait également état du pilonnage de roquettes que ces "rebelles" tirent quotidiennement vers les quartiers civils de Damas ("12 pour la seule journée du mardi") rapporte t-il. Il relève aussi, dans le même article, que ces "rebelles", dont il énumère les diverses composantes, sont liés aux Frères musulmans et à Al-Qaïda.

A noter que fin février, suite à un accord du Conseil de Sécurité de Nations Unies, fut décidée l'ouverture de couloirs humanitaires pour faciliter l'arrivée des secours et la sortie de la ville pour les civils qui le souhaitaient. Or, dès la minute où ces couloirs furent ouverts, les djihadistes ont commencé à les pilonner pour empêcher les gens de quitter l'enclave. Exactement de la même façon qu'ils l'avaient fait à Alep dans le but de garder la population en otage afin que, par après, les Macron et les Reynders puissent pleurer devant les plateaux de télévision sur le sort des victimes civiles.

Souvenons-nous en effet d'Alep. De tonnes de propagande parlant de "l'enfer" que les Russes et Assad réservaient aux habitants de la partie Est de la ville. Sans dire que c'est de ces quartiers que des roquettes partaient tous les jours vers la partie Ouest restée fidèle au gouvernement. Sans dire surtout que dès que les forces islamistes furent affaiblies à l'Est, des dizaines de milliers de ses habitants couraient .. s'installer à l'Ouest. Etaient-ils des masochistes si empressés à s'établir dans "l'enfer"? Cette propagande a aussi passé sous silence le fait que, dès qu’Alep a été débarrassée de ces fanatiques islamistes, plus de 700.000 personnes, selon l'Office des réfugiés de Nations Unies, sont venues s'installer dans la ville.. En recourant à des sources que l’on ne peut soupçonner de gauchisme anti-américain, nous vous invitons à prendre connaissance des rapports de prélats français Mgr Aumonier, évêque de Versailles et Mgr Pierre-Yves Michel, évêque de Valence, tous deux de retour d'Alep, et vous découvrirez une réalité si opposée à celle que les médias attachés à suivre la propagande de l'OTAN et de l'UE imposent à l'opinion publique .

Parler, débattre autour de la tragedie syrienne à l'UPJB

Le conflit syrien, l'horrible drame que connait son peuple, intéresse, interpelle même, tout citoyen soucieux de la paix et du respect de la condition humaine. C'est donc très naturellement que ce soit devenu un sujet d'intérêt du segment de gauche de cette citoyenneté. Chez nous, une des organisations qui depuis bien longtemps s'est illustrée dans les divers combats associés aux luttes populaires, aux combats pour la paix et à la dénonciation des fauteurs de guerre est l'Union Progressiste des Juifs de Belgique. C'est bien naturel, direz-vous, puisque cette association est née, pour l'essentiel, de l'initiative de communistes juifs engagés dans la lutte contre l'hitlérisme.

Curieusement, on constate depuis quelque temps que les prises de position sur le dossier syrien que l'UPJB s'emploie à diffuser ne sont pas très distinctes de celles d'un Laurent Fabius ou d'une certaine branche du trotskisme (celle de Besancenot notamment), c’est-à-dire orientée exclusivement sur la dénonciation du gouvernement syrien et toutes ses "horreurs". Pourquoi pas ? disons nous; l'UPJB est une association dont personne ne peut contester le droit de décider en autonomie de ses choix et de ses préférences. Notre remarque ne se situe pas sur ce plan là; elle s'explique par le fait qu'un dossier de cette importance et de cette complexité mériterait des analyses moins univoques mais plutôt des exposés contradictoires. Convaincu que cela pouvait être possible dans une entité de gauche et progressiste, ainsi que son nom l'indique, ce chroniqueur avait gentiment suggéré, il y a déjà un bon moment, qu'un tel débat ait lieu. Il attend toujours une réponse.

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