Recherche de la paix en Syrie et le jeu trouble d'Israël

Le gouvernement d'Israël ne fait pas partie des intervenants à la Conférence de Genève qui discutent et négocient le difficile dossier concernant la situation en Syrie. Cette conférence, appelée « Genève 2 » puisqu'elle prolonge, en quelque sorte, celle qui avait eu lieu, dans la même ville, en juin 2012, a un objectif assez ambitieux. En effet, après l'accord, avec notamment la participation des États-Unis et de la Russie, d'un cessez-le-feu, Genève 2 s'est proposé d'explorer les possibilités d'un accord de paix impliquant les divers protagonistes actifs dans le scénario politique syrien, hormis Daesh et Al-Qaeda.

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Panama papers : un son de cloche différent

Si certains se réjouissent à bon droit de cette nouvelle « fuite », il convient de se poser quelques questions quant à cette bien belle et curieuse divulgation. En effet, sur la masse des 214 488 dossiers informatiques et des dizaines de milliers de « contrevenants », dont les noms n’ont certes pas encore tous été communiqués, on ne trouve aucun américain alors que l’on y trouve 732 belges. C’est tout bonnement incroyable.

Pourtant, pour ce qui concerne la Belgique, bon nombre de ces montages sont tout à fait légaux. À ce propos, l’on rappellera ici « l’excellente » initiative de Didier Reynders publiée au journal du Conseil des Ministres en juin 2015 « Sur proposition du ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, le Conseil des ministres a approuvé un avant-projet de loi portant assentiment à l'accord entre l’Union économique belgo-luxembourgeoise (UEBL) et la République du Panama en matière d’encouragement et de protection des investissements. Cet accord, signé à Panama City le 26 mars 2009, vise à renforcer la coopération économique des parties concernées et comporte des dispositions propres à garantir le traitement juste et équitable des investissements, l’indemnisation rapide et adéquate en cas d’expropriation ainsi que le libre transfert des revenus. » Pour sûr cela contribue à rendre légal bon nombre d’évasions fiscales. Les risques de poursuite sont donc plus que faibles et s’il devait s’avérer qu’il y ait des cas de fraudes, ces messieurs recourront à la transaction pénale régie en droit belge par l’article 216bis du Code d’instruction criminelle; procédure qui permet au ministère public de proposer à l’auteur d’une infraction de mettre fin aux poursuites moyennant le paiement d’une certaine somme au profit de l’État. Cette disposition dont le régime a été modifié en 2011 a déjà permis à quelques contrevenants de s’en tirer en réglant une ardoise minime. Néanmoins, voir figurer son nom dans Nordpresse n’est pas du goût de ces discrètes personnalités, ils fuiront donc le Panama mais aussi d’autres paradis comme les Iles Vierges britanniques ou les Seychelles qui ont été épinglées dans le même dossier. Et bon nombre d’entre eux seront tentés d’aller chercher des cieux plus cléments au Delaware ou au Dakota du Nord.

On aurait pu s'étonner de cette grande proximité des affaires Offshore Leaks (2013), Luxleaks (2014), Swissleaks (2015) et Panama Papers mais on aurait tort. « Il est évident que seuls les États puissants se donnent le droit de récupérer, par les moyens qu’ils jugent bons, les recettes fiscales qui leur échappent, tout en prospérant grâce à l’évasion fiscale qu’ils offrent sur leur propre territoire aux ressortissants d’autres pays ». Ceci est un extrait du livre « Le secret bancaire est mort, vive l’évasion fiscale », dont l’auteur est Myret Zaki, journaliste suisse spécialiste du secteur.

Au contraire des affaires précédentes point de lanceur d’alerte mais un piratage informatique resté anonyme. Pas d’Antoine Deltour celui qui a révélé Luxleaks, pas d’Hervé Falciani (Swissleaks), pas de Stéphanie Gibaud (Swissleaks), pas de Denis Robert (Clearstream) mais un pseudo : John Doe. Outre ce premier constat étonnant, on remarquera que la presse a montrés du doigt en premier : Poutine et le premier ministre islandais. Or Poutine ne figure même pas sur la liste et on se rappellera que l’Islande fut le seul pays à oser envoyer ses banquiers en prison. Dans la vidéo, du Consortium International des Journalistes d’Investigation (ICIJ), trois et trois seul sujets sont abordés. La Syrie où Bachar El Assad, dont on a retrouvé le cousin dans la liste1, est accusé d’avoir lancé des bombes de 500 kg sur son peuple, la Russie où l’on viole une gamine de 13 ans avant de la livrer à la prostitution et l’Ouganda de Museveni, l’un des rares pays africains qui semble s’en sortir un peu moins mal que les autres. C’est évident, il fallait faire une sélection mais pourquoi un organisme aussi « impartial » que l’ICIJ (International Consortium of Investigative Journalists) a-t-il opéré pareil choix ?

Cette organisation serait elle aussi indépendante qu’elle se présente ? On retrouve parmi ses « sponsors » l’Open Society Foundations, une ONG créée par le milliardaire George Soros, le Rockfeller Brothers Fund, la Fondation Ford, la Carnegie Corporation of New York, le Democracy Fund fondé par Pierre Omidyar également fondateur d’Ebay… En fait on ne trouve pas un « investisseur » d’origine européenne. Par contre, le grand capitalisme européen et ses valets sont montrés du doigt. Ainsi David Cameron a dû avouer avoir bénéficié de la fortune de son père, épinglé dans la liste. Tout cela fait beaucoup de bruit mais quelles seront les réelles conséquences ? Le premier ministre islandais a été contraint de présenter sa démission suite à la pression de la rue, mais a-t-on vu les mêmes manifestations en Angleterre ou dans les pays du Golfe ? Le capitalisme occidental mène une lutte sans pitié et celle-ci n’est pas dirigée uniquement contre ceux qu’il présente comme ses ennemis : l’Islam et la Russie mais exacerbe en son sein même une concurrence effrénée. Force est de constater que dans ce combat avec les Panama papers, les États-Unis ont à nouveau marqué un point. Reste à voir quelle sera la réponse de la branche européenne du capitalisme.

1. Cousin en exil à Paris et dont les médias « oublient » de dire qu'il s'agit d'un farouche opposant de Bachar…

* Économiste, ancien banquier

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Amérique latine : fin d’un cycle ou épuisement du post-néoliberalisme ?

 

L’Amérique latine fut l’unique continent où des options néolibérales furent adoptées par plusieurs pays. Après une série de dictatures militaires, appuyées par les États-Unis et porteuses du projet néolibéral, les réactions ne se firent pas attendre. Le sommet fut le rejet en 2005 du Traité de Libre Echange avec les Etats-Unis et le Canada, fruit d’une action conjointe entre mouvements sociaux, partis politiques de gauche, ONG et Églises chrétiennes.

Les nouveaux gouvernements au Brésil, Argentine, Uruguay, Nicaragua, Venezuela, Equateur, Paraguay et Bolivie, mirent en place des politiques rétablissant l’État dans ses fonctions de redistribution de la richesse, de réorganisation des services publics, surtout l’accès à la santé et à l’éducation et d’investissements dans des travaux publics. Une répartition plus favorable des revenus des matières premières entre multinationales et État national (pétrole, gaz, minerais, produits agricoles d’exportation) fut négociée et la bonne conjoncture, pendant plus d’une décennie, permit des rentrées appréciables pour les nations concernées.

 

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Procès Gbagbo : la partialité d’une certaine « justice internationale »

Si le procès du président Laurent Gbagbo devait permettre d’asseoir la crédibilité de la cour pénale internationale (CPI), l’affaire semble bien mal engagée tant celui-ci contrevient aux principes les plus basiques d’une justice équitable. Il s’agit manifestement d’écarter définitivement cet homme de la vie politique ivoirienne au prix du détournement d’une instance prétendument vouée à la répression des crimes de masse les plus atroces.

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Retour autoritaire à l’ordre néo-libéral en Argentine

 

Philippe Plumhans est un observateur attentif de l'Argentine, où il a séjourné à diverses reprises. Le Drapeau Rouge l'a rencontré pour en savoir plus sur l'évolution politique de ce pays depuis le dernier basculement politique, avec la victoire de la droite conservatrice et pro-atlantiste de Mauricio Macri sur le candidat péroniste (du Frente para la Victoria) Daniel Scioli.

Le Drapeau Rouge.- La politique de Nestor puis de Cristina Kirchner (2003-2015), paraissait assez solide et promise à durer. Comment expliques-tu la défaite du « kirchnerisme » ?

Philippe Plumhans.- Les raisons sont multiples : - la division du mouvement péroniste, dont l'aile droite s'est ralliée à l'actuel président ; - le choix comme candidat du Frente para la Victoria de Daniel Scioli, peu crédible dans ses engagements progressistes ; - l'incapacité de Cristina Fernandez de Kirchner (CFK) de rassembler la gauche non péroniste autour d'un projet national ; - la difficulté à contenir l’inflation ; - la chûte du prix des matières premières ; enfin, le harcèlement des médias qui, depuis des années, attaquent de manière particulièrement odieuse le gouvernement de CFK. Ces campagnes sales et la promesse d'un changement qu'apporterait Macri ont été déterminantes dans le choix des électeurs.

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Erdogan et le visage honteux de l'Europe

ERDOGAN ET LE VISAGE HONTEUX DE L'EUROPE

La Commission européenne devait présenter son rapport annuel sur l'élargissement concernant la Turquie en août. Ce rapport était très attendu puisque dans son rapport précédent, la Commission parlait de "graves inquiétudes concernant la séparation des pouvoirs" et constatait "une approche restrictive de la liberté d'expression" dans ce pays. Entretemps, et n'importe quel observateur moyennement averti peut en témoigner, les faits qui provoquaient les "graves inquiétudes" à la Commission n'ont fait que s'aggraver de manière spectaculaire à fur et à mesure que la date des élections du 1er novembre approchait.

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