Soutien des pacifistes aux livraisons d'armes à l'Ukraine ?

Le dimanche 27 mars, se tenait une manifestation pour la paix en Ukraine, convoquée notamment par la CNAPD francophone, le mouvement flamand Vrede et les syndicats. Trois à quatre mille personnes ont défilé de la gare du Nord à la gare centrale de Bruxelles. Sur le podium des organisateurs plusieurs interventions pour la paix et pour l'accueil des réfugiés ont été prononcées.

Ni OTAN

Un des rares calicots dénonçant l'OTAN vus à la manif

Si tout le monde a condamné, à raison, l'invasion russe de l'Ukraine, personne n'a évoqué la responsabilité fondamentale de l'OTAN dans le déclenchement de cette guerre.

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Europe Forteresse, Europe de la honte

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Théorore Géricault (1791-1824): Le radeau de la Méduse, Musée du Louvre, Paris

 

Notre soleil, par les côtes du Maghreb rend compte jour après jour, du trajet de vie, du parcours (c’est le sens que prend le mot soleil dans cette partie de l’Afrique). En Occident, soleil connote plutôt les notions de lumière, chaleur et espoir. C’est pourquoi ce titre a été choisi par Fran Kourouma, jeune Guinéen âgé d'à peine vingt ans, qui se fonde sur son expérience pour répondre à ces questions fondamentales :

Où va le monde d’aujourd’hui? Pourquoi sur la terre africaine, des frères de sang, aux ancêtres communs, frères du même continent, s’entre-tuent pour les plus viles raisons: l’argent au-dessus de tout ou la loi du plus fort ?

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En 1989, un petit Stalingrad afghan

Le 15 février 1989, le dernier soldat de l'Armée rouge quittait l'Afghanistan, honorant très ponctuellement l'annonce du retrait faite le 8 février 1988 par Mikhaïl Gorbatchev devant l'Assemblée générale des Nations Unies[1]. Un retrait parfaitement organisé (en contraste absolu avec celui des États-Unis, en août de cette année) qui résultait des échecs des tractations dans lesquelles les Soviétiques cherchaient à négocier leur départ contre l'arrêt des interventions américaines et pakistanaises, et qui ne pouvait qu'augurer la chute imminente, presqu'automatique, du gouvernement progressiste afghan[2].

C'est exactement ainsi que l'avaient compris les services de renseignement et les administrations politiques des États-Unis et du Pakistan qui prirent la décision d'agir sans tarder pour « finir le boulot ». Dans son édition du 11 février 1989, le New York Times révélait l'existence d'une réunion secrète du Conseil de sécurité des États-Unis qui avait eu lieu le 9 en concluant que, suivant des informations provenant des services de renseignement, le gouvernement de Mohammad Najibullah n'allait plus tenir que de trois à six mois et recommandait au président G.W. Bush de continuer à armer les moudjahidines pour cette nouvelle et « dernière saison de combats ». Et le quotidien new-yorkais de commenter : « La décision de l'administration Bush confirme que l'objectif politique des États-Unis est d'accélérer l'effondrement du gouvernement de Kaboul, maintenant que le retrait des troupes soviétiques est pratiquement achevé[3]. » Les participants à la réunion suivaient ainsi les conseils et prédictions du chef moudjahidine Gulbuddin Hekmatyar, qui venait de déclarer que « la chute de Kaboul ne se comptera pas en mois mais en une paire de semaines et aura lieu sans trop de heurts dans la ville[4]. » Ils décideront donc de la précipiter. Détail significatif : à la réunion où furent invités des responsables pakistanais, aucun représentant des insurgés afghans n'était présent. Absence que le même quotidien new-yorkais expliquait, reprenant les déclarations d'un haut fonctionnaire pakistanais, selon lequel « aucun représentant de la guérilla afghane n'était présent à la réunion de mars parce que l'ISI en a la charge[5]. » (ISI, pour Inter-Services Intelligence Agency, les services secrets pakistanais).

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Rejet de l'appel de Julian Assange

Ce 14 mars, la Cour suprême britannique a rejeté l'appel de Julian Assange, qui contestait son extradition vers les Etats-Unis. En première instance, la magistrate avait refusé l’extradition au motif du danger qu’Assange se suicide, en raison des conditions drastiques auxquelles il serait soumis dans les prisons des Etats-Unis (prison supermax, régime d’incarcération semblable à celui des terroristes, etc). Les Etats-Unis avaient interjeté appel de cette décision, en présentant des garanties de bon traitement, et obtenu gain de cause devant la Cour d’appel – en dépit du caractère peu convaincant de leurs arguments au regard d’expériences antérieures. « Trop facile de venir avec ça après le jugement », avaient rétorqué les avocats d’Assange, qui avaient porté l’affaire devant la Cour suprême avec plusieurs arguments. 

La décision de la Cour suprême n’est pas vraiment une surprise. Une particularité - d’ailleurs très contestable – du système judiciaire britannique, est que les possibilités d’appel sont soumises à une forme d’« autorisation préalable » et la Cour n'avait autorisé l’examen que d’un seul des motifs exposés par la défense, sur la question de savoir si la juge de première instance aurait dû demander aux Etats-Unis des garanties sur le régime carcéral, ou si les Etats-Unis auraient dû les apporter spontanément. La Cour suprême rejette l’argument de la défense d’Assange.

Le jugement de première instance, qui refusait l’extradition, est donc réformé, et il appartient à présent à la ministre de l’Intérieur, Priti Patel, de décider de l’extradition de Julian Assange. La position du gouvernement de Boris Johnson à l’égard des USA dans un contexte post-brexit, et la position générale de cette ministre particulièrement répressive laissent penser qu’elle se prononcera en faveur de l’extradition.

Mais contrairement à ce que certains médias laissent entendre, ce n’est pas la fin de la procédure. Au contraire, on peut même dire qu’on arrive au cœur de cette affaire. Car la défense va maintenant contester une éventuelle décision d’extradition par la Ministre sur la base d’autres arguments, qui n’ont pas encore pu être examinés jusqu’ici – car la défense attendait d’abord l’issue de la question de la santé d’Assange en cas d’extradition. Dans sa note de contr’appel introduite en avril 2021 [1], elle avait en effet bien précisé qu’en cas de succès des USA sur l’argument extradition/santé, elle interjetterait appel sur tous les motifs qu’elle avait invoqués en première instance et que la magistrate avait rejetés, relatifs à la liberté d’expression, à la liberté de la presse, et au caractère politique de la demande américaine d’extradition.

Il s’agit de l’enjeu majeur de ce procès d’extradition. Il serait navrant et même dramatique que tous les défenseurs de la liberté de la presse, d’informer et d’être informés, y compris les médias, associations de journalistes et autres, ne s’expriment pas maintenant fortement pour empêcher cette extradition.

[1] cf https://www.tareqhaddad.com/wp-content/uploads/2021/08/2021.04.06-%E2%80%93-Assange-Extradition-Hearings-%E2%80%93Notice_of_Objection_and_Submissions_on_Approach_to_Appeal.pdf , plus particulièrement pages 33 à 41

Belgium4Assange - Comité Free.Assange.Belgium

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Enfin, la justice s'intéresse.

L'ASSASSINAT DE THOMAS SANKARA

Marc PIERRET

Ce 10 octobre, le procès des assassins de Thomas Sankara et de ses camarades s’est ouvert à Ouagadougou. Ce qui suscite l’espoir d’obtenir enfin la vérité sur les événements du 15 octobre 1987 au Burkina Faso.

Quatorze personnes sont dans le box des accusés, et deux absents de taille : Hyacinthe Kafando, soupçonné d’avoir dirigé le commando qui a tué Thomas Sankara et l'ancien président Blaise Compaoré, accusé d’avoir commandité le crime. Ce dernier vit en exil en Côte d’Ivoire et se targue de son immunité. L’un et l’autre sont accusés de complicité d’assassinat, de recel de cadavre et d’attentat à la sûreté de l’État.

Une demi-douzaine de personnes de l'ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré ont déjà été inculpées pour les mêmes raisons dans cette affaire. Parmi elles, figure le général Gilbert Diendéré, chef de l’armée au moment des faits et auteur d'un putsch manqué en septembre 2015.

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Israël-Palestine : politique coloniale et résistance

Depuis 2006, Gaza a subi cinq expéditions punitives et le blocus l’étrangle. La situation dans les territoires occupés reste marquée du sceau de l’humiliation, des contrôles, des vexations ordinaires et de la colonisation qui se poursuit à un rythme accéléré. Quant aux Palestino-israéliens, malgré une amélioration de leur situation matérielle, ils demeurent traités comme des citoyens de seconde zone. Tous ces facteurs sont à l’origine de l’actuelle révolte.

Ce qui se passe en Palestine présente de nombreuses caractéristiques d’une tragédie grecque. Une tragédie dont le déroulement est prévisible depuis des décennies, mais sur laquelle les médias officiels occidentaux s’aveuglent – et aveuglent ainsi l’opinion publique. Le 21 mai, après onze jours d’affrontements, qui ont fait 230 morts du côté palestinien et 12 du côté israélien, le régime de Tel-Aviv et le Hamas ont conclu un cessez-le-feu. Cependant, tout observateur lucide soulignera qu’aucun problème de fond n’est résolu, que ce soit à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et à Gaza. Et ces problèmes sont dus à la politique d’Israël, sous sa dimension d’occupation militaire comme sous celle de la colonisation.

L’acte le plus récent de la tragédie

Comme le souligne l’écrivain et militant palestinien Mahmoud Muna, la Vieille Ville de Jérusalem est jalonnée de rues étroites et de maisons surpeuplées. D’autant plus qu'aucun nouveau permis de bâtir ou de rénover est accordé à des résidents palestiniens par le pouvoir occupant. C’est ce qui amène de nombreuses familles, et en particulier de nombreux jeunes, à se retrouver à la vaste Porte de Damas, qui est devenue un important lieu de vie sociale et culturelle. La place à proximité de la Porte est en forme d’amphithéâtre et héberge de nombreuses activités culturelles.

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