Trump, le deep state et le putsch d'avril 2017 (40 % de fiction)

Le jeudi 30 mars 2017, à Ankara, le secrétaire d'État américain Rex Tillerson déclare lors d'une conférence de presse avec son homologue turc Mevlet Cavucoglu que « le sort du président Assad sera décidé par le peuple syrien lui-même [[1]]. » Le jour même à Washington, l'ambassadrice des États-Unis aux Nations Unies, Nikki Haley, récidive en annonçant aux journalistes que « (…) les États Unis n'allaient pas se focaliser sur le sort de Bachar el-Assad de la même façon que l'administration précédente. » et ajoutait que « (…) notre priorité n'est plus à nous concentrer pour faire partir Assad [[2]]. »

Que ce soit le peuple syrien qui décide ? Que notre priorité ne soit plus celle de chasser Assad ? Ça va pas la tête, non ?? Tout indique que la ligne rouge, la vraie, risque d'être lourdement franchie.

« Trop c'est trop », s'est dit monsieur l'État profond qui s’empresse alors de rendre visite au président, le 5 avril tard le soir et sans prévenir, pour lui dire sans trop de précautions : « Monsieur le Président, votre situation est très vulnérable ; votre projet d'annuler l'Obamacare ne marche pas, la construction du mur avec le Mexique non plus, l'interdiction d'entrée dans le pays des musulmans est un échec partout, votre situation au parlement est très précaire, y compris au sein de votre parti et, surtout, le projet de budget ne sera pas approuvé lors des sessions à la fin de ce mois. Autrement dit, vous risquez d'être un chômeur de plus en Amérique d'ici quelques jours. Sauf si… »

« Sauf quoi ? », interroge encore surpris le président. « Sauf, répond froidement monsieur l'État profond, si vous réorientez sans tarder votre politique concernant la Syrie en la punissant militairement après-demain pour les soi-disant attaques chimiques à Idlib. »

Deux jours plus tard, le 7 avril au matin, Donald lançait non pas, cette fois, cinquante-neuf tweets mais ses cinquante-neuf premiers missiles de croisière Tomahawk sur le territoire syrien.

 


[1]        Raziye Akkoc and Fulya Ozerkan, « Tillerson says Assad's fate up to Syrian people. », Yahoo!news, March 30, 2017, voir : https://news.yahoo.com/tillerson-says-assads-long-term-status-syrian-people-135619972.html?guccounter=1&guce_referrer=aHR0cHM6

[2]        Michelle Nichols, « U.S. priority on Syria no longer focused on 'getting Assad out' (Haley) », Reuters, March 30, 2017, voir : https://www.reuters.com/article/us-mideast-crisis-syria-usa-haley/u-s-priority-on-syria-no-longer-focused-on-getting-assad-out-haley-idUSKBN1712QL

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