Tianjin, un sommet qui fait trembler l’Occident
Le 25e Sommet de L’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), qui s’est tenu les 31 août et 1er septembre à Tianjin, entrera sans doute dans l’histoire. Autour Xi Jing Ping, Vladimir Poutine et Naranda Modi se sont réuni plus d’une vingtaine de dirigeant d’Eurasie, représentant près de la moitié de la population du globe.
Xi a exposé dans cette tribune la vision d’un nouvel ordre mondial fondé sur la multipolarité, la justice, le multilatéralisme, le leadership des pays du Sud ...: bref, une vision cauchemardesque !
Trump dénonce un « complot contre les États-Unis ». Kaja Kallas s’alarme : « Cette réunion représente un défi direct au système international fondé sur des règles ». Effectivement, les participants au Sommet ont insisté sur le fait que la Charte des Nations unies soit rétablie comme seul cadre légitime, et non un ‘ordre fondé sur des règles’ déterminées de manière discrétionnaire par les seuls pays occidentaux, qui a produit la destruction de la Yougoslavie, de l’Irak, de la Libye, de la Syrie et qui aujourd’hui justifie le bombardement de l’Iran et le génocide à Gaza.
En lui imposant des droits de douane de 50%, Trump entendait faire plier l’Inde et l’obliger à renoncer au pétrole russe. A la place de cela, il a reçu à Taijin la confirmation cinglante que les Etats-Unis ont de moins en moins les moyens de faire plier le reste du monde à leur volonté. Cela ne marche plus.
L’ordre du monde est en train de basculer, inéluctablement. L’Occident a de moins en moins les moyens de son hégémonie. L’administration Trump tente par la force de s’opposer à la relégation des États-Unis, mais ses efforts brouillons ne font sans doute qu’en hâter la chute.
La détresse des atlantistes
En juillet, Ursula von der Leyen a accepté, au nom de l’Union Européenne, un accord dans lequel l’UE s’engage à consommer pour 750 milliards de GNL US, à acheter pour quelques centaine de milliard d’armement, et à investir pour 600 milliards de dollars aux États-Unis, entre autres broutilles. Même le camp atlantiste est sidéré.
Pour que les choses soient bien claires, le Secrétaire US au Trésor Scott Bessent précise : « Nous avons conclu des accords selon lesquels les Japonais, les Coréens et les Européens investiront dans des entreprises et des industries [US] Nous les orientons en grande partie à la discrétion du président. (...) Les autres pays nous fournissent en substance un fonds souverain. (...) ils vont réinvestir des centaines de milliards dans l'économie américaine et nous pourrons les orienter vers la relocalisation des industries essentielles... »
En d’autres termes, les États-Unis font main basse sans vergogne sur les ressources des pays ‘alliés’, pour échapper à leur propre déclin. Et les dirigeants de l’UE, paralysés par leur idéologie atlantiste inconditionnelle, qui se sont auto-infligé une rupture irréversible avec la Russie et sont en bonne voie pour faire de même avec la Chine, ne peuvent plus qu’assister, impuissants volontaires, à leur vampirisation par l’ami américain.
Le ‘projet européen’ se mue en une fuite en avant, poussée par l’OTAN, vers une militarisation à outrance, au prétexte d’une imaginaire menace de "l’Axe du Mal".
Il est assez saisissant de comparer cette posture belliqueuse avec les mots de Xi Jinq Ping à Tianjin : « Nous devons élargir le champ de la coopération, tirer le meilleur des forces propres à chaque pays et endosser ensemble la responsabilité de la promotion de la paix, de la stabilité, de la prospérité. (...), il faut s'opposer à la mentalité de guerre froide, il faut un monde multipolaire, fondé sur l'égalité. »