L'Occident n'accepte pas sa défaite en Syrie
Malgré un retrait de troupes à l'est du pays, les Etats-Unis ne lâchent pas vraiment prise en Syrie. Lors de la réunion de l'Otan ce vendredi dernier, les USA ont confirmé l'envoi de renforts pour "sécuriser" les champs pétrolifères de Deir Ez-Zor.
Le prétexte affiché est « d'empêcher Daesh d'accéder à ces ressources ». Mais il est assez évident que le but réel est plutôt de priver le gouvernement syrien de ses propres ressources, pour poursuivre l’étranglement économique du pays.
Dans le même temps, l'administration Trump renouvelait une aide de 4.5 millions de dollars aux fameux "Casques Blancs", faux-nez humanitaire des jihadistes qui contrôlent encore la province d'Idlib à l'Ouest. On est assez loin du désengagement dont s'effraient tant les bonnes consciences européennes. Cette donation vient s'ajouter aux dizaines de millions versés tout à fait officiellement par l'USAID depuis 2013, et aux autres dizaines de millions versés par la Grande-Bretagne et d'autres pays de l’Otan ; alimenter continuellement et généreusement les groupes terroristes maquillés en humanitaires est bien sûr la meilleure manière de "lutter contre le terrorisme"...
Sous la menace de la procédure de destitution, le président étatsunien pourrait par ailleurs devoir donner assez vite d'autres assurances.
L’abandon des Kurdes, « notre bras armé dans la lutte contre Daesh » va provoquer la résurgence de l’Etat Islamique, hurlent en chœur les pays occidentaux, et leurs médias. L’Allemagne pour « lutter contre le terrorisme », propose l’occupation du nord de la Syrie par une force de sécurité internationale, formulant officiellement ce qui avait déjà été lancé en ballon d’essai dans plusieurs médias. « La France et l’Europe se doivent de multiplier les actions pour obtenir une zone d’exclusion aérienne et mobiliser une force internationale » écrivait l’Humanité dans son édito du 17. Le Mouvement de la Paix (français) « [demande] que notre pays [la France], avec la Grande-Bretagne, reste présente dans cette région comme force pacifique d’interposition » et « exhorte la France d'obtenir du Conseil de sécurité de l’ONU la mise en place d’une zone de protection aérienne ». Comme au bon vieux temps de la destruction progressive de l’Irak.
Il fut un temps où les progressistes et les mouvements pacifistes manifestaient contre les guerres impérialistes et les occupations états-uniennes. Maintenant, ils implorent les pyromanes avérés d’être de bons pompiers, et exhortent les puissances impérialistes, celles-là même qui ont tellement bien aidé depuis 8 ans la Syrie, à aller au secours des peuples du pays qu’ils ont tout fait pour détruire.
Il ne s'agit pas réellement de lutter contre le terrorisme, mais bien d'utiliser le mot d’ordre de la lutte contre le terrorisme comme un levier pour tenter d'arriver à ses objectifs. Les efforts des Etats-Unis et des pays européens pour contrecarrer l'avènement de la stabilité en Syrie et le recouvrement total par le gouvernement syrien de son territoire, ne peuvent dans les faits que contribuer à aider l'Etat Islamique et les autres groupes terroristes. Et notre population en paiera les frais.

