De « l’Epic fury » à « l’Epic fiasco » (et ses leçons)

« Selon les premières estimations le conflit a endommagé plus de 125 000 bâtiments résidentielles et civils, dont 339 établissements de santé (dont l’Institut Pasteur de Téhéran, NdlR), 32 universités et 857 écoles ».

Ces données ne viennent pas d’un rapport iranien ou d’un quelconque site musulman, mais du quotidien français Le Monde (16.14.2026). Difficile de présenter un bilan plus éloquent (alors qu’il ne mentionne ni les morts, ni les blessé), de la gigantesque l’entreprise criminelle organisée par le tandem Trump-Netanyahou, visant à mettre à terre l’Iran, un pays qui présente l’inconvénient de ne pas vouloir se soumettre aux intérêts de ses agresseurs.

Difficile également d’ignorer la résilience et le courage d’un peuple, d’une nation toute entière qui s’entête, avec son gouvernement, à refuser la capitulation, l’accommodement, et qui opte pour dire au monde que l’on peut résister à la barbarie, même lorsqu’elle est portée par un tandem de puissances atomiques. Occasion de préciser clairement, que notre solidarité avec la résistance iranienne, en ce moment précis de son histoire, n’efface aucunement nos distances, profondes, avec la nature politique du régime actuellement au pouvoir dans ce pays.

De l’autre côté nous avons, avec la présidence Trump, la présentation de l’impérialisme dans sa version la plus grossière et, en même temps, la plus limpide. Sur le fond, elle ne diffère pas des différentes administrations qui ont géré les Etats Unis depuis l’administration Carter (1977-1981). La seule nuance est que, en reflétant l’évolution du monde, en constatant la tendance irrémédiable à son affaiblissement et à l’effacement de son hégémonie planétaire, l’impérialisme étasunien présente des symptômes d’inquiétante nervosité. Et ce, d’autant plus que tout indique qu’il doit affronter maintenant, avec son « epic fury » iranienne, à un colossal « epic fiasco ». D’où les risques du déclenchement de la folie totale.

Côté Union européenne, une diplomatie plus policée mais tout aussi profondément malsaine, que celles de Washington, et celle de Tel Aviv. Prête à condamner les réponses militaires de l’agressé, sans jamais condamner les frappes de l’agresseur. Avec un chancelier allemand qui justifiant cette guerre ose remercier ses auteurs parce « qu’ils font le sale boulot à notre place ». Et une présidente de la Commission européenne qui, appuyée par la troïka ultra atlantiste, Macron, Mers, Starmer, est occupé à organiser la plus large entreprise de militarisation des budgets (et esprits) européens. Ainsi, comme le dit si bien notre invité de cette édition, Peter Mertens, les milliards que l’on reverse au géant de l’industrie militaire allemande Rheinmetall, sont ceux qu’on enlève des budgets sociaux.

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