Soutien des pacifistes aux livraisons d'armes à l'Ukraine ?

Le dimanche 27 mars, se tenait une manifestation pour la paix en Ukraine, convoquée notamment par la CNAPD francophone, le mouvement flamand Vrede et les syndicats. Trois à quatre mille personnes ont défilé de la gare du Nord à la gare centrale de Bruxelles. Sur le podium des organisateurs plusieurs interventions pour la paix et pour l'accueil des réfugiés ont été prononcées.

Ni OTAN

Un des rares calicots dénonçant l'OTAN vus à la manif

Si tout le monde a condamné, à raison, l'invasion russe de l'Ukraine, personne n'a évoqué la responsabilité fondamentale de l'OTAN dans le déclenchement de cette guerre.

Pourtant, l'OTAN et les États-Unis portent de lourdes responsabilités dans cette tragédie. Rappelons notamment l'extension de l'alliance atlantique jusqu'aux frontières de la Russie, le soutien au coup d’État de Maidan en 2014 ou l'encouragement au régime de Kiev à ne pas mettre en œuvre les accords de Minsk prévoyant la fédéralisation du pays et le respect de la minorité russophone.

Comble du comble, certains intervenants n'ont pas hésité à réclamer un « soutien militaire » aux forces armées ukrainiennes, partiellement composées de volontaires étrangers d'extrême droite et de milices néo-nazies.

De mémoire de pacifiste, la revendication de livraisons d'armes à un pays en guerre est une grande première dans une manif pour la paix. Dans les années 1980, le désarmement nucléaire général était à l'ordre du jour. Vingt ans plus tard, si l'invasion U.S. était dénoncée, aucun manifestant ne réclamait qu'on arme le régime de Sadddam Hussein. Idem lors des rares manifs contre la campagne de l'OTAN en Libye ou pour l'arrêt de la guerre en Syrie.

Rappelons aussi que les livraisons d'armes massives à l'Ukraine effectuées par plusieurs pays européens, dont la Belgique, et par l'Union européenne elle-même via sa très orwellienne « facilité européenne pour la paix » sont totalement illégales. Un « code de conduite », devenu contraignant quand il a fait l'objet d'une « position commune » de l'Union européenne1 interdit formellement, par son troisième « critère », l'envoi d'armes à tout pays s'il est « susceptible de provoquer ou de prolonger un conflit armé ». Cette « position » a été transcrite dans la législation belge et celles des trois régions, dont la Wallonie en 2012.2 Rappelons enfin que la Belgique est le seul pays du monde où les régions gouvernent les exportations d'armes et que la Wallonie est un des principaux producteurs d'armes à feu du monde.

Le PCB considère que la diplomatie et la désescalade devraient être promues par l'ensemble des pacifistes et que ce n'est pas en alimentant la guerre en armes et le complexe militaro-industriel en euros ou en dollars qu'on y mettra fin.

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1 2008/944/PESC du 8 décembre 2008 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32008E0944&from=FR.

2 https://wallex.wallonie.be/eli/autre/2020/01/30/2020200743)

 

 

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