La politique de cohésion de l'Union européenne vise, en principe, à endiguer les disparités économiques, sociales et territoriales entre les régions du continent. Tout indique, néanmoins, que sa finalité est détournée, au service des orientations politiques de la Commission européenne. Son financement représente un tiers du budget de l'UE.
Le projet favori d'Ursula von der Leyen, le « Bouclier de la Démocratie », représente une escalade dangereuse dans la construction par l'UE d'un mécanisme de censure à l'échelle continentale. Ces outils, à l'instar de la loi sur les services numériques (DSA), prétendent protéger les citoyens et la démocratie contre les « fausses nouvelles », la « désinformation » et « l'ingérence étrangère ».
Le dit « Nouveau Front Populaire » français n’y aura pas échappé : la condition sine qua non de son existence a été la capitulation complète de la composante qui s'opposait encore à l'escalade de la guerre en Ukraine. « Nous avons obtenu un engagement extrêmement clair sur les livraisons d’armes à l'Ukraine, sur les frontières de l'Ukraine, sur le soutien indéfectible à la résistance ukrainienne » se réjouit Raphaël Glucksmann. Dans le nouveau "programme commun" figure en effet en bonne place l'essentiel de sa ligne atlantiste prônant l'épreuve de force militaire avec Moscou. Le fameux "barrage à l'extrême-droite" valait bien quelques couleuvres...
Dopée par le backlash écologique et la montée en puissance des droites extrêmes, la nouvelle Commission Européenne (Ursula II, depuis 2024), est toujours dirigée par le PPE[1], mais un PPE qui se tourne résolument à droite, renie ses passades un peu sociales ou environnementales, pour s’inscrire dans une volonté de puissance, au sens conservateur du terme : compétitivité, parts de marché, élargissement de la sphère d’influence et militarisation.
En juillet dernier, pour sa session inaugurale sous la nouvelle présidence von der Layen, le Parlement Européen a inscrit en tout premier point une résolution sur « la nécessité d’un soutien continu de l’UE à l’Ukraine ». Une forme de 'prestation de serment' préalable pour la poursuite de la guerre et l’écrasement toujours espéré de la Russie.
La nuit du 24 au 25 mars 1999, l’OTAN commençait une campagne de bombardement au-dessus de ce qui restait de la Yougoslavie. Les frappes allaient durer 78 jours et conduire au démembrement final de ce pays. Après 20 ans, et bien d’autres bombes, quelles leçons tirer de cette première « guerre humanitaire » ?