Le second tour de l’élection présidentielle du 21 juin 2026 n’était pas une élection comme les autres dans l’histoire politique de la Colombie. Son résultat a dépassé les frontières nationales et s’est inscrit dans un conflit géopolitique bien plus vaste qui se déroule actuellement en Amérique latine.
Lorsque Fidel et ses ‘barbudos’ prennent le chemin des montagnes de la Sierra Maestra pour combattre la sanguinaire dictature de Batista, leur but ne se limite nullement à la restauration de la démocratie. Ils sont parfaitement conscients de la nécessité urgente de modifier les structures singulièrement injustes de la société cubaine.
Les données de la Banque mondiale (BM) et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) concernant l’évolution de la situation économico-sociale du Venezuela sont assez édifiantes et de nature à nous permettre d’esquisser des explications ignorées, ou plus souvent évitées par le système médiatique, à propos de la crise politique que connaît ce pays.
Quelques jours après le deuxième tour des élections présidentielles du 7 juin, la peur et le désespoir, régnaient parmi divers segments représentatifs de la classe dominante. Ils voient avec une crainte grandissante, la possibilité réelle de subir une nouvelle défaite lors des élections qui venaient d’avoir lieu. Ils ne supportaient pas l'idée même que cela puisse leur arriver à nouveau.
Cela s’était déjà produit, lorsqu'ils ont perdu en 2011 face à Ollanta Humala, mais à l'époque, ils ont réussi à « encercler » le candidat vainqueur en exploitant ses incohérences, ses limites et ses faiblesses, et ont finalement réussi à le neutraliser, ce qui leur a permis de surmonter temporairement leur frayeur avec une relative facilité. Ils ont de nouveau pris peur – un peu de panique même – lorsque Pedro Castillo a remporté les élections de 2021 et, dès le début, ils ont comploté pour le chasser du gouvernement et récupérer les positions qu’ils avaient perdues. À partir de là, leur colère n’a connu aucun répit.
Lors de sa première visite à l’île en 2013, le directeur général de la F.A.O, Graziano da Silva déclarait : « La sécurité alimentaire de Cuba est similaire à celle des pays développés, avec un indice de malnutrition affectant moins de 5 % de la population. Ce résultat a été possible grâce aux politiques mises en œuvre par le gouvernement pour y assurer les droits à l’alimentation » [1] Depuis lors, ces constats faits par la FAO sont devenus récurrents. Deux ans plus tard, en 2015, son collègue Theodor Friedrich, confirmait cette appréciation en qualifiant l’île comme « élève modèle » en ce qui concerne le devoir de tout état d’assurer le bien-être nutritionnel des populations. Il précisait, en saluant la réduction précoce de la faim dans le pays « ... Cuba est l’un des rares États à avoir atteint aussi bien les objectifs du Millénaire pour le développement » [2]
De nombreux pays d’Amérique latine sont actuellement en proie à une agitation populaire. Le 16 décembre, la Chambre des représentants colombienne a approuvé les mesures économiques proposées par le président Iván Duque, qui prévoient notamment une réforme du travail et des pensions très défavorable aux travailleurs et une diminution des impôts pour les grandes entreprises, et ce alors que les Colombiens manifestent leur désapprobation depuis des semaines. Les Équatoriens aussi protestent contre les réformes voulues par leur président Lenín Moreno et en particulier contre un recours au FMI qui anéantirait les progrès sociaux accomplis sous Rafael Correa. De même, au Chili, les manifestants continuent, en dépit de la brutale répression policière, de s’opposer à la politique néolibérale de Sebastián Piñera : les maigres concessions promises par Piñera n’auront pas suffi à faire remonter un taux d’approbation historiquement bas de 12%. En revanche, la révolte en Bolivie ne cherche pas à abolir un régime de droite mais bien à rétablir un gouvernement de gauche renversé à la suite d’un coup d’État violent et raciste.