L’Union européenne ne supporte pas la contradiction
Le projet favori d'Ursula von der Leyen, le « Bouclier de la Démocratie », représente une escalade dangereuse dans la construction par l'UE d'un mécanisme de censure à l'échelle continentale. Ces outils, à l'instar de la loi sur les services numériques (DSA), prétendent protéger les citoyens et la démocratie contre les « fausses nouvelles », la « désinformation » et « l'ingérence étrangère ».
En réalité, leur objectif est de contrôler le discours et de réprimer la dissidence à un moment où les élites politiques européennes sont confrontées à un niveau sans précédent de méfiance de la part du public, en centralisant le contrôle du flux d'informations et en imposant une « vérité » unique définie par Bruxelles. Il ne s'agit pas de protéger la démocratie, mais plutôt de protéger l'establishment de la démocratie elle-même. Associée à d'autres initiatives, telles que le projet de von der Leyen de créer un appareil de renseignement supranational similaire à la CIA, cette mesure s'inscrit dans une tendance plus large et profondément inquiétante à la centralisation du pouvoir entre les mains de la Commission — et de von der Leyen personnellement. La véritable guerre contre la démocratie n'est pas menée par Moscou ou Pékin, mais par Bruxelles :
Comme l'a récemment déclaré un diplomate de l'UE, dans un style véritablement orwellien : « La liberté d'expression reste acquise à tous. Mais dans le même temps, les citoyens doivent être à l'abri de toute ingérence ». Mais qui décide de ce qui constitue une "ingérence" ? Qui détermine ce qui est "vrai" et ce qui est "faux" ? Les mêmes institutions et médias corporatifs qui se sont eux-mêmes livrés à maintes reprises à la propagande alarmiste et à la désinformation. Il y a quelques semaines à peine, Ursula von der Leyen a affirmé que le système GPS de son avion avait été brouillé par la Russie — une allégation rapidement démentie par les analystes.
UE, BBC même combat
Pendant ce temps, la BBC, souvent considérée comme un modèle d'intégrité journalistique, a récemment été prise en flagrant délit de montage d'une vidéo d'un discours de Donald Trump afin de le rendre plus extrême. Et que dire de la couverture médiatique intensive des prétendues « incursions de drones russes » à travers l'Europe dont nous avons été témoins ces dernières semaines, et pour lesquelles aucune preuve n'a été fournie ?
L'UE prétend protéger les citoyens contre les « fausses informations », mais sur quelle base démocratique ou morale la Commission s'arroge-t-elle le droit de décider de ce qui est vrai, d'autant plus qu'il est évident que les institutions politiques et médiatiques de l'UE elles-mêmes se livrent régulièrement à la désinformation et à la propagande ? De plus, lorsque les soi-disant vérificateurs de faits indépendants sont triés sur le volet et financés par la Commission elle-même, le résultat est une boucle de rétroaction fermée : l'UE finance des institutions qui « vérifient » et amplifient ensuite ses propres discours. Le « Bouclier pour la Démocratie », comme ses prédécesseurs, institutionnalise ainsi le pouvoir de définir la réalité elle-même.
Ce n'est pas une nouveauté. Comme je l'ai montré dans plusieurs rapports récents, l'Union européenne dispose déjà d'un vaste appareil de propagande et de censure qui couvre tous les niveaux de la société civile : ONG, groupes de réflexion, médias et même universités. La pierre angulaire de ce système est un réseau de programmes financés par l'UE — notamment CERV (Citoyens, égalité, droits et valeurs), Europe créative et l'initiative Jean Monnet — qui injectent collectivement des milliards d'euros dans des organisations qui sont, en théorie, « indépendantes », mais qui sont en réalité profondément imbriquées dans la machine bruxelloise.

