Afghanistan : « Ceci n'est pas un retrait »

La débandade fut si brusque que sa fulgurance risque de nous détourner des enjeux moins visibles de cet épisode historique. Certes, le spectacle ne pouvait pas être plus humiliant pour la première puissance militaire du monde. Se résigner à constater, hébétés, la prise de Kaboul par ces paysans aux kalachnikovs et en sandales constitue sans doute le summum de l'affront. Peut-on pour autant conclure, comme certains observateurs de gauche se pressent de le faire, que nous assisterions à une grande débâcle politico-militaire des États-Unis et, de manière concomitante, à une victoire anti-impérialiste ? Voire même progressiste, dont le devoir de la gauche serait de la soutenir ? Et si cette supposée « défaite », si ce retrait, n'était pas plutôt le premier pas d'un redéploiement de forces dans le cadre d'un projet impérial d'une toute autre envergure; un pas en arrière, concocté par le "Deep state", pour mieux sauter ? (1)Plus interpellant encore, on peut bien entendu se féliciter de la défaite de ce perdant-là ; mais quid de ce vainqueur et de sa victoire ?

Lire la suite

Imprimer E-mail

Au cœur de la guerre au Yémen, le contrôle du Moyen-Orient

Le 26 mars 2015, l’opération « Tempête décisive » était lancée par une coalition militaire de pays arabes (Emirats arabes unis, Egypte, Maroc, Soudan…) dirigée par l’Arabie saoudite. L’intervention, qui avait su opportunément se placer sous la protection d’une résolution de l’Onu, visait officiellement à éradiquer la rébellion initiée par les Houthis qui avaient chassé du pouvoir le « président légitime » Abd Rabbo Mansour Hadi (il avait perdu la capitale Sanaa, conquise par l’alliance de l’époque entre les Houthis et l’ancien président Ali Abdallah Saleh). Des Houthis qui se sentaient territorialement lésés par les mesures gouvernementales, elles-mêmes directement liées à la réunification du pays en 1990 avec la marginalisation des populations du nord.

Lire la suite

Imprimer E-mail