En janvier dernier, l’entreprise Proximus annonçait un « plan de transformation » dans le cadre duquel la direction envisage de supprimer 1900 emplois existants et de procéder, via une filiale, à 1250 nouveaux engagements. L’annonce a suscité une vague d’émoi médiatique et politique, d’assez courte durée. A cette occasion, l’entreprise a justifié son plan par quelques arguments, ressassés ensuite en boucle dans les médias dominants, le plus souvent sans beaucoup de sens critique.
RYANAIR, trois jours de grève coordonnée entre 6 pays d’Europe ; le mouvement unit les pilotes et le personnel de cabine. Le géant arrogant, qui depuis plus de vingt-cinq ans prospère sur le manque de coordination sociale européenne, sur les aides publiques et la division des travailleurs, commence à accepter d’appliquer les lois locales et les fondements de la concertation sociale. La lutte n’est pas terminée ; le dialogue ne fait que débuter, et déjà RYANAIR essaie d’échapper à ses propres concessions via les sous-traitants (qui sont eux-mêmes des sociétés du groupe). Mais une étape est franchie.
Les prépensions, une aberration ? Un plan social privilégiant les départs (consentis) de travailleurs plus âgés en prépension plutôt que des licenciements « secs »avait été conclu fin juin par les interlocuteurs sociaux chez Carrefour. A cette occasion, des mandataires politiques ont relancé la polémique sur le bien-fondé du système de prépension (que l’on doit actuellement plutôt appeler « régime de chômage avec complément d’ancienneté »). Ainsi, le ministre de l’emploi du gouvernement flamand, a-t-il rendu un avis négatif sur l’abaissement à 56 ans de l’âge de la prépension. Le ministre fédéral n’en a pas tenu compte et a donné son accord. L’idée du ministre N-VA était sans doute de donner un signal fort pour rappeler l’opposition de son parti à ce système.
Au moment où j’écris ces lignes, la lutte des travailleurs de NLMK Clabecq pour s’opposer au plan de licenciements et de réduction de salaires continue. De nombreux témoignages de solidarité leur sont parvenus, notamment ceux des travailleurs de NMLK La Louvière, et d’Arcelor Mittal.
On se souvient que, fin de l’année 2005, le « pacte des générations » avait provoqué une mobilisation syndicale résolue. Cette réforme, sur un air bien connu (activation des travailleurs âgés sous prétexte de solidarité entre générations) était finalement mi-figue, mi-raisin, rendant -déjà- plus difficile l’accès à la prépension, mais comptant aussi quelques évolutions positives (généralisation de l’outplacement et des cellules pour l’emploi en cas de restructuration, maintien de l’indemnité de prépension en cas de reprise du travail). Avec le recul, cette réforme paraît bien modérée et anodine quand on la compare au catalogue des horreurs des mesures prises par le gouvernement Michel Ier.
Même si la condamnation rendue ce 29 juin à l’encontre de Bruno Verlaeckt, président de la FGTB d’Anvers est une condamnation « pour le principe », non assortie d’une peine, et si Tom de Voght, délégué FGTB dans une entreprise du secteur chimique, a finalement été acquitté, ce jugement rendu par le tribunal correctionnel d’Anvers se situe dans un contexte d’offensive violente émanant du patronat et du gouvernement contre les droits syndicaux . La FGTB ira bien sûr en appel de ce jugement. Ce jugement réclame que le mouvement social aussi envoie un signal fort pour la défense de ses droits.